Ecotaxe : à peine arrivée, Ségolène Royal occupe le terrain

Royal Ségolène (crédit Jackolan1)

Ses cartons à peine déballés, la nouvelle ministre de l’Ecologie n’a pas tardé à faire parler d’elle, en annonçant dès hier une “remise à plat” de l’écotaxe, sujet des plus épineux, à quelques seulement du premier Conseil des ministres. Et les réactions ne se sont pas faites attendre.

Déjà très critique en novembre 2013 lors des mouvements des “bonnets rouges”, Ségolène Royal, fraichement promue au ministère de l’Ecologie, est revenue à la charge contre l’écotaxe, mesure adoptée lors du Grenelle de l’environnement mais si difficile à mettre en place. “Je ne suis pas la seule à décider, mais je vais remettre à plat les choses pour voir quelles sont les autres possibilités que nous avons pour dégager des financements pour, en effet, faire les travaux ferroviaires et routiers“, expliquait Ségolène Royal hier. “?Les Français ont déjà payé beaucoup d’impôts supplémentaires, l’écotaxe est un impôt, j’en comprend bien le sens : il s’agit de taxer ceux qui polluent, mais j’ai toujours dit que, pour respecter la citoyenneté, l’écologie ne doit pas être punitive et on ne doit pas taxer des gens s’ils n’ont pas le choix de prendre le transport propre?”, ajoutait hier la ministre.

La Fondation Hulot inquiète

Cette annonce crée déjà des remous au sein de la sphère politique et surtout écologique. La Fondation Hulot s’est par exemple déclarée “inquiète de la première prise de position” de la nouvelle ministre. Dans un communiqué, elle estime que Ségolène Royal “a aujourd’hui la possibilité et la responsabilité de démontrer (…) que la transition écologique est un grand projet pour la France (..) et peut faire de la France un laboratoire de l’innovation écologique et énergétique d’ici à la conférence climat 2015“.  Or, “par où commencer ? Pas en annonçant la remise à plat de l’écotaxe poids lourd, mesure qui a fait l’unanimité lors du Grenelle, fait l’objet de nombreuses compensations sectorielles et prouvée son efficacité en Allemagne“, ajoute la Fondation.

Une décision “totalement absurde

FNH s’inquiète alors “de cette première prise de position qui va à l’encontre du principe pollueur payeur et s’interroge : Mme Royal préfère-t-elle que les externalités engendrées par le trafic routier soient à l’unique charge du contribuable?“. De son côté, Yannick Jadot, député européen écologiste, juge ce matin sur Europe 1 cette “remise à plat” “totalement absurde“. “Supprimer la taxe poids lourds au moment où on a besoin d’énormément de projet de transport collectif, au moment où on a tellement besoin, pour éviter les pics de pollution, pour protéger notre santé, pour favoriser le transport de million de Français, c’est totalement absurde. J’espère que c’est Ségolène Royal qui, avec sa franchise habituelle, est allée trop loin. Si c’est la ligne politique de ce gouvernement, ce sera une catastrophe. Pas pour les écologistes, pour les Français”, déclare-t-il.

Parmi les pistes envisagées par Ségolène Royal, on évoque une taxe quasi indolore, qui se contentera de financer les pénalités dues suite à la suspension de la mesure.

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