Le label “sans OGM”, argument marketing ?

Alors que le décret relatif à l’étiquetage des aliments sans OGM devrait être publié d’ici la fin du mois de décembre, certains y voient un argument marketing plus qu’une réelle information du consommateur. Le débat autour des OGM se déplace donc dans les rayons des supermarchés.

Le décret relatif à l’étiquetage des aliments sans OGM serait donc en passe d’être publié, c’est ce qu’a confié la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes, DGGCRF à La Tribune aujourd’hui. Ce décret applicable au 1er juillet 2012 devrait offrir la possibilité aux industriels de l’agroalimentaire d’informer le consommateur sur la nature de alimentation proposée à l’animal qu’il consomme, qu’il s’agisse de porc, volaille, poisson ou encore des oeufs. Le décret concerne également les aliments “contenant des ingrédients d’espèces végétales concernées par les OGM“, comme les céréales, ou encore les biscuits à base de lait de soja par exemple.

Mais, alors que le décret n’est pas encore applicable en France, certaines enseignes n’ont pas attendu sa publication pour afficher la nature “sans OGM” de leurs produits. C’est notamment le cas de Carrefour qui affiche la mention “nourri sans OGM” sur plus de 350 produits de la marque du distributeur,  mais aussi de certains producteurs de volailles. Or, là où certains se félicitent de l’initiative visant à informer le consommateur responsable, d’autres y voient un argument marketing destiné à vendre ces produits plus, et plus chers.

Argument marketing ou rassurant ?

Charles Pernin, de l’association de consommateur CLCV confie dans la Tribune que “un poulet de Loué peut-être vendu 30% plus cher qu’un produit non étiqueté“. D’autres jugent cet affichage dépassé dans les faits. La Tribune précise en effet que 75 à 80% du soja importé en France et destiné à nourrir les animaux est génétiquement modifié. Les Français consommeraient donc depuis longtemps de la viande nourrie aux OGM sans le savoir et sans problème particulier.

L’affichage “sans OGM‘ reste néanmoins pour certains un argument de poids en faveur du produit concerné. Ainsi, la marque “produit en Bretagne” a été prise à partie ce week-end par le collectif citoyen, Bretagne sans OGM. Au delà du gage de qualité associé à ce label, les militants lui reprochent de tromper le consommateur, puisque ne “donnant aucune garantie qu’il n’existe pas de traces d’OGM dans l’alimentation animale utilisée (…) Son petit logo doit refléter une agriculture sans OGM“. Au delà de l’argument marketing, il semblerait tout de même que l’étiquetage rassure sur la nature du produit consommé.

Mais au final, n’est-ce pas le prix qui l’emporte? Pour Initiatives Biotechnologies Végétales, groupement d’organisations semencières, cet argument reste décisif dans le processus d’achat. “Dans les pays où le consommateur a le choix, il choisit massivement le produit le moins cher. OGM ou pas“, confie-t-il à la Tribune.

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