Les Français “moins chauds” sur le réchauffement climatique

ademe.JPGComme tous les ans, l’Ademe publie son observatoire des pratiques et de l’opinion des Français sur les questions environnementales. En demi-teinte, les chiffres 2008 traduisent une plus grande méfiance des Français à l’égard du prêt-à-penser en matière d’environnement.

L’observatoire annuel de l’Ademe permet d’observer les tendances et les évolutions des valeurs et des comportements des ménages, en matière d’environnement. Le dispositif de l’agence pour la maitrise de l’énergie repose principalement sur 4 enquêtes barométriques. Tout d’abord, un premier sondage sur l’effet de serre, avec 1.000 personnes interrogées par téléphone, depuis 2000. Ensuite une enquête sur la maîtrise de l’énergie, 10.000 personnes interrogées par questionnaire papier, depuis les années 80.

L’Ademe s’intéresse également aux attitudes et comportements des Français face à 3 thèmes (pollution atmosphérique, consommation des produits respectueux de l’environnement, gestion des déchets ménagers), thèmes pour lesquels 2.000 personnes, en face à face, ont été interrogées depuis les années 90. Enfin l’observatoire concerne la question des énergies renouvelables, pour laquelle 1.000 personnes, ont été sondées par téléphone, depuis 2004.

En demi-teinte

Ce 17e numéro de « Stratégie & Études » dresse donc un bilan 2008 plutôt en demi-teinte. Pour l’Ademe, “les résultats offrent un panorama contrasté mais néanmoins très encourageant car si la préoccupation en général des Français sur l’environnement est en retrait, les pratiques et les savoirs des ménages sur les questions énergétiques à la maison se renforcent“.

Pour rappel, les enquêtes 2007 avaient confirmé des évolutions significatives, soulignant une nette hausse de l’intérêt des Français pour les thématiques environnementales et une forte demande d’information découlant de cette réceptivité accrue. Le contexte pouvait apparaître particulièrement favorable grâce aux locomotives médiatiques qu’avaient notamment représentés le pacte écologique de Nicolas Hulot et l’annonce du Grenelle de l’environnement.

Plus de doutes

En 2008, l’opinion semble empreinte de plus de doutes. L’Ademe avance quelques explications comme “une certaine saturation de la communication sur l’environnement dans un contexte de crise économique et d’augmentation du prix de l’essence jusqu’à cet été“. Par ailleurs, l’environnement serait “un thème de plus en plus préempté par les médias et les entreprises privées“, et les Français manifesteraient un sentiment de prudence, voire de méfiance à l’égard des émetteurs de discours environnementaux.

Traduction de cette plus grande méfiance vis-à-vis de certaines thématiques environnementales, le réchauffement climatique, phénomène certain pour 72% des enquêtés en 2007, ne l’est plus en 2008 que pour 65% des Français. Dans le même temps, pour les sondés, les raisons qui président aux désordres du climat ne sont plus liées aussi souvent à l’aggravation de l’effet de serre, alors que la proportion des enquêtés qui doutent a augmenté de 5 points.

Meilleurs pratiques

Motifs d’espoir cependant pour l’Ademe, au-delà des strictes questions d’opinion, l’Observatoire note une plus grande appropriation de la question énergétique par les foyers français. Selon cette étude, “beaucoup de ménages adopteraient de meilleures pratiques” et seraient prêts à aller plus loin. Ils seraient également de mieux en mieux informés.

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