“Ca dépend du jour et du vent…”

christophe_assicot.JPGChristophe Assicot, business consultant pour CaspervanderTak Consulting en Chine. Après avoir exercé en France, en Grande-Bretagne et en Irlande, il travaille aujourd’hui à Pékin dans le domaine encore méconnu des mécanismes initiés par les Nations Unies pour favoriser le développement des énergies propres dans les pays en voie de développement.

Dans quel domaine intervient Caspervandertak Consulting ?

Nous sommes une société de conseil principalement dans le domaine des Mécanismes de Développement Propre (MDP) définis par le Protocole de Kyoto.

Quelle est votre mission au sein de cette entreprise ?

Personnellement, je suis chargé d’un portefeuille de projets situés dans des pays en développement et qui, après leur mise en place, contribuent à réduire le niveau d’émission de gaz à effets de serre.

En quoi consistent ces MDP ?

C’est une incitation pour les pays en développement à investir dans des projets d’énergies renouvelables ou d’efficacité énergétique plutôt que dans les énergies fossiles. Les MDP permettent la vente de crédits d’émission de CO2 générés par ces projets propres.

Concrètement, si une entreprise chinoise choisit de construire un barrage hydroélectrique au lieu d’une centrale thermique, l’émission dans l’atmosphère de milliers de tonnes de CO2 va être évitée. Ce volume de CO2 évité peut être calculé puis mis au crédit de cette entreprise chinoise. Grâce aux MDP, elle a l’autorisation de vendre ces crédits à des clients étrangers, qui eux ont chaque année des quotas d’émissions à respecter.

Ces crédits permettent ensuite aux entreprises occidentales de respecter leurs quotas sans les forcer à réduire leur propre production d’énergie.

Quels sont vos clients occidentaux ?

Les Compagnies énergétiques des pays développés; banques, fonds d’investissement, gouvernements…

Ces MDP concernent quels types de projets ?

Deux types de projets sont principalement concernés. Tout d’abord les énergies renouvelables comme l’hydroélectricité, énergie éolienne, photovoltaïque, biomasse, etc. Ensuite, les projets d’efficacité énergétique comme par exemple la capture de gaz industriels et leur utilisation pour la production d’énergie.

Quels sont les montants impliqués dans ces projets ?

Sachant qu’une tonne de crédits CO2 s’achète en ce moment environ 8 ?, tout dépend de la taille du projet et du gaz à effet de serre concerné. Par exemple, un projet hydroélectrique de capacité moyenne avec une capacité de 20 MW génère environ 70.000 tonnes de crédits par an. Les contrats souscrits avec les acheteurs sont en général de 7 ans.

Dans quel cadre juridique fonctionnent les MDP ? Kyoto, International, Européen ?

Les MDP sont régis par les Nations Unies, par le biais l’UNFCCC, United Nations Framework Convention on Climate Change.

La question environnementale est-elle prise en compte par les chinois ?

La Chine a commencé à sérieusement tenir compte des conséquences environnementales de sa croissance à deux chiffres. Cependant, la priorité reste toujours le développement économique.

Néanmoins, de vrais efforts en matière d’éducation ont été faits, notamment grâce aux Jeux Olympiques. C’est visible dans les villes de l’Est les plus en pointe comme Shanghai, Pékin, ou Canton. Dans le reste du pays, des progrès restent à faire, et c’est le moins qu’on puisse dire.

Pékin est-elle aussi polluée qu’on le dit ?

Ca dépend des jours et du vent… C’est parfois très flagrant et je souhaite pour les Chinois que, pendant les 15 jours des J.O, le vent soit avec eux. Les principales usines polluantes seront arrêtées à la mi-juin, mais le nombre de voitures est tel que je ne pense pas que la situation va considérablement s’améliorer avant le mois d’août.

> Pour en savoir + : www.cdmasia.org, sur les MDP : unfccc.int

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