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RWE : la stratégie du numéro 2 allemand – Interview du chef de file de la nouvelle filière d’électricité verte

rwe.jpgLe présent article reproduit une interview de Fritz Vahrenholt réalisée en novembre 2007 par l’hebdomadaire allemand “die Zeit”. Le chef de Innogy, nouvelle filière d’électricité écologique du groupe énergétique RWE, et ancien directeur du constructeur éolien Repower était interrogé sur ses motivations et ses projets d’investissements.

– Zeit (online) : Vous êtes le chef du constructeur d’éoliennes Repower et changez maintenant pour RWE, producteur d’électricité à base de charbon. Comment expliquez-vous cela ?

– Fritz Vahrenholt : RWE s’est fixé comme objectif de développer massivement les énergies renouvelables. Innogy veut porter de 5 à 20% la part que celles-ci représentent chez RWE d’ici 2020. Pour cela, nous nous alignons sur les objectifs du gouvernement fédéral. Si leur part actuelle s’élevait déjà 20% aujourd’hui, je n’aurais pas pris cette mission. Le défi me stimule. Je veux que RWE devienne l’un des plus importants acteurs dans ce domaine. Mais cela ne sera possible que via une croissance exponentielle.

– Zeit (online) : Comment voulez-vous financer cela ?

– Vahrenholt : Innogy investira au minimum, et j’insiste sur le mot minimum, un milliard d’euros par an. Cette somme proviendra en partie des autres activités du groupe, de la filière charbon et du nucléaire. Il est donc important que l’entreprise croisse aussi dans ces domaines.

– Zeit (online) : Un milliard ne semble pas énorme, quand on pense que RWE investit en ce moment 2,2 milliards d’euros dans la centrale au lignite de Neurath.

– Vahrenholt : Mais cet investissement est lui aussi nécessaire. Nous devons renouveler le parc de centrales au charbon existant. On ne doit pas faire comme si l’énergie éolienne était en mesure de satisfaire dès aujourd’hui 65% des besoins en électricité. Et les centrales nucléaires ne peuvent pas être remplacées uniquement par des éoliennes, qui ne fournissent pas d’électricité de base. Nous avons besoin des deux formes d’énergie : cela n’a aucun sens de les comparer seulement en termes de Megawatt et de milliards d’euros.

– Zeit (online) : Quels investissements concrets projetez-vous ?

– Vahrenholt : Innogy investira dans l’énergie éolienne en Allemagne mais aussi à l’étranger, offshore et onshore. En Grande-Bretagne, nous sommes déjà en très bon chemin : nous sommes leaders sur le marché. En Allemagne, nous n’en sommes encore qu’au début. En outre, je mise sur la biomasse et l’énergie hydraulique, même si en Allemagne, le potentiel de développement de l’hydroélectricité est aujourd’hui très limité.

– Zeit (online) : Pour les projets Offshore en Allemagne, RWE est largement en retard, il semblerait que tous les bons sites soient déjà pris.

– Vahrenholt : Je ne suis pas d’accord. Certes, de nombreux projets sont déjà planifiés en mer du Nord et en mer Baltique, mais pas un seul parc n’a encore été construit. Nous savons très bien que nous devons maintenant passer à la cadence supérieure. Nous nous observons tous mutuellement, il reste encore beaucoup de projets de parcs entièrement planifiés, dans lesquels nous pouvons prendre une participation ou que nous pouvons même reprendre dans leur totalité. Nous pouvons aussi développer des parcs nous-mêmes. Nous verrons qui en 2009/2010 aura mis les premières éoliennes à l’eau.

– Zeit (online) : Tout de même : RWE n’est-il pas un petit peu en retard ? Dans les années passées, les prix de certains matériaux nécessaires pour la fabrication des éoliennes ont triplé.

– Vahrenholt : Certes, mais entre-temps le pétrole aussi est devenu plus cher. Le nouveau chef de RWE, Jürgen Großmann, a admis que trop peu avait été fait par le passé dans le domaine des énergies renouvelables chez RWE. Mais le passé ne m’intéresse pas, ni un débat rétroactif.

– Zeit (online) : Et concernant la biomasse, que comptez-vous faire ?

– Vahrenholt : RWE a une grande compétence dans ce domaine et propose déjà maintenant de l’électricité produite à partir de biomasse, à Berlin et dans le Land de Rhénanie du Nord-Westphalie. Avec les moyens d’investissement considérables mis à notre disposition par le groupe, nous allons pouvoir réaliser de nouveaux projets. Innogy souhaite également injecter du biogaz dans le réseau du gaz naturel.

– Zeit (online) : Quelle position aura RWE Innogy GmbH au sein de RWE ? D’un certain point de vue, vous viserez des objectifs bien différents de ceux de vos collègues de la filière charbon.

– Vahrenholt : Innogy est une entreprise égale en droits au sein du groupe. Je n’ai pas encore commencé que déjà on parle d’éventuels différends. Je ne veux en aucun cas entrer en conflit avec les autres secteurs mais je veux mettre quelque chose sur pieds. C’est la mission que l’on m’a confiée.

BE Allemagne numéro 380 (9/04/2008) – Ambassade de France en Allemagne / ADIT
http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/53911.htm
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