Des agriculteurs bloquent le CVE d’Halluin

CVE_Halluin.JPGDes agriculteurs du Nord bloquent depuis hier l’accès au Centre de Valorisation Energétique (CVE) d’Halluin et plus particulièrement l’incinérateur, responsable selon eux, de la pollution aux PCB qui a touché la production laitière de quatre d’entre-eux.

Le quotidien “Nord Eclair” rapporte qu’un taux anormal de dioxine a été retrouvés dans le lait de quatre exploitations du Nord, à Halluin et à Roncq, deux communes proches de Lille. Ce sont donc deux mois de production laitière qui ont été détruits et le préjudice s’élève à 32.000 euros pour les exploitations, et 35.000 euros pour la laiterie.

La DRIRE a révélé que cette pollution proviendrait de l’herbe printanière, fauchée sur place et absorbée par les ruminants. Alors que les analyses des autorités locales n’ont déterminé aucun coupables, aucune indemnisation n’est possible.Or, les agriculteurs suspectent l’incinérateur du CVE d’Halluin d’être en cause. C’est pourquoi, las de voir les élus locaux se renvoyer la balle, une trentaine d’agriculteurs bloquent depuis hier l’accès à l’incinérateur.

Le CVE, un symbole

Leur leader confie à “Nord-Eclair”, “nous n’accusons personne, le CVE est un symbole. On n’est pas là pour ennuyer quiconque mais cet incinérateur cristallise nos problème“. Pascal Delefortrie, un des bloqueurs va même plus loin, “les normes alimentaires sont de plus en plus nombreuses, c’est normal, la sécurité du consommateur avant tout. Mais pourquoi les industriels qui rejettent des fumées ne sont-ils pas contraints tout autant? Ce n’est pas aux agriculteurs de payer cette incohérence. Il faut légiférer de toute urgence“.

La préfecture éxige quant à elle le déblocage du site avant toute discussion. Dans l’attente, les déchets ménagers destinés normalement au centre d’Halluin ont été redirigés vers d’autres sites dont celui de Lille-Loos, site que les agriculteurs menacent de bloquer également.

Accord tardif

Une solution a cependant été trouvé hier soir. Les agriculteurs présents ont pu rencontrer Paul Deffontaines, le vice-président de la communauté urbaine et Jean-Luc Deroo, le maire d’Halluin. Ils leur ont annoncé la mise en place d’un fonds national pour les victimes de pollution sans origine. De son côté, la communauté urbaine s’est engagée à prendre en charge un tiers du préjudice et à inciter la Région et le département à régler les deux-tiers restants. Satisfaits, les agriculteurs ont levé le camp.

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