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Le nucléaire, l’atout de la transition énergétique française ?

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Le principe de la transition énergétique ne fait plus débat en France. Le nucléaire est voué à reculer au sein du mix énergétique. D’ici à 2030, sa part dans la production globale d’électricité passera de 72 à 50%. Il est par ailleurs prévu entre temps la fermeture des dernières centrales thermiques encore en service. Désormais la question est de savoir comment et à quelles conditions les énergies renouvelables pourront s’y substituer. Tels sont les véritables enjeux des discussions actuellement en cours pour la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE). La question devra être tranchée fin 2018 mais il faudra garder clairs les objectifs. La transition énergétique se fera avec le nucléaire, seule réponse pour concilier les impératifs de croissance et de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Sans stockage des énergies vertes, pas de réduction du nucléaire

Pour réduire la part du nucléaire à 50%, la France n‘a pas d’autre choix que de fermer certains réacteurs. En novembre 2017, le ministre de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, reconnaissait que l’objectif initialement fixé à horizon 2025 serait difficile à tenir. Or, le rythme de fermeture des centrales dépend du développement des énergies renouvelables à la fois pour des raisons de tuilage de calendrier mais aussi de ressources. « On ne va pas reculer en permanence la date d’atterrissage à 50% de nucléaire dans la production d’électricité : à cet égard, la clé c’est l’accélération du développement des énergies vertes. » rappelle Sébastien Lecornu dans une interview à La Tribune. Se désengager du nucléaire a un coût économique, social et financier non négligeable. Autant de ressources qui ne vont pas au développement des énergies vertes. Le seul soutien public à l’énergie solaire coûte chaque année 3 milliards d’euros soit la moitié de l’enveloppe destinée à l’électricité d’origine renouvelable.

Mais tout n’est pas question de budget. Il faut aussi évaluer notre capacité à faire. Et à ce jour, le bilan des énergies renouvelables est très contrasté. L’éolien terrestre a souffert jusqu’à présent d’un problème d’acceptabilité locale. L’éolien offshore est en souffrance (L’objectif de production annuel qui était de 6 000 MW en 2020 ne pourra pas être atteint puisque les premières installations ne seront mises en service qu’en 2021/2022). Le photovoltaïque qui a connu lui aussi un retard important est de nouveau soutenu par les pouvoirs publics au travers de nombreux appels d’offre. Toutefois jusqu’à présent, seuls l’éolien et le solaire ont été encouragés au détriment de la biomasse, qui représente également de nombreux avantages pour la mobilité et le chauffage.

Reste que la production issue des énergies renouvelables demeure dépendante des aléas climatiques et qu’elle ne peut être ni anticipée, ni contrôlée, ni stockée en abondance. Là aussi, on devrait voir dans les prochaines années des applications de stockage significatives grâce notamment au plan hydrogène déployé par le gouvernement. Un bilan qui laisse perplexe donc quant à l’atteinte de l’objectif des 32 % d’ENR en 2030. En 2016, les ENR, qui ne représentaient que 16% de la consommation finale d’énergie, ont conduit Jean-Louis Bal, président du Syndicat des énergies renouvelables à rappeler que « La cible de 23% en 2020 ne sera pas atteinte.»

Le nucléaire, la seule énergie décarbonée à impact neutre sur les rejets de gaz à effet de serre

La France fait partie des six pays au monde à avoir déjà atteint l’objectif de 80 % d’électricité décarbonée. Un résultat obtenu grâce au nucléaire et au développement des ENR. Mais paradoxalement, elle a accusé en 2017 une hausse de 4 % des émissions de CO2 par rapport à l’année précédente du fait d’un pic de la consommation finale énergétique de +0,9 % (+1,5 % en Europe) pour accompagner la croissance économique (+2%). Un signal fort du retour et du recours à l’énergie fossile pour la production d’électricité. En Allemagne, elle représente 40 % de la production électrique depuis la décision de l’arrêt total des réacteurs nucléaires d’ici à 2022. Avec 11,5 tonnes de CO2 par habitant contre 6,5 pour la France, notre voisin continue d’être l’un des plus gros pollueurs européens malgré son discours volontariste en matière de lutte contre le réchauffement climatique. De l’autre côté, le Royaume-Uni qui sort de sa dépendance au charbon grâce au gaz naturel et au nucléaire a baissé de 3 % ses émissions de CO2 en 2017. CQFD.

Mais avec un parc nucléaire qui contribue à hauteur de 72 % des besoins électriques du pays, le cas français est plus complexe. Faire baisser les rejets de CO2 est plus difficile, d’autant que cet objectif est concurrencé par la volonté de faire baisser la part du nucléaire dans le mix énergétique. « Le nucléaire rentre d’autant plus naturellement dans le mix énergétique qu’il produit de l’électricité » explique Brice Lalonde, par ailleurs ancien ministre de l’Environnement pour qui le nucléaire est « un atout important qu’il ne faut pas balayer d’un revers de la main. »

Aussi, le gouvernement n’a plus de temps à perdre. Il doit pleinement assumer « La priorité de l’enjeu climatique : viser la neutralité carbone de la production d’électricité à l’horizon 2050 Comment accompagner la croissance mondiale tout en réduisant les émissions de gaz à effet de serre sans nucléaire ? La fermeture des quatre centrales à fioul et à charbon encore en activité est un élément de réponse à l’instar de celle de Cordemais régie par EDF (Loire-Atlantique) et fermée définitivement le 31 mars dernier en vue d’un projet de reconversion vers des activités bas-carbone.

Le nucléaire, garantie de la sécurité d’approvisionnement

La sécurité d’approvisionnement constitue un élément indispensable de la PPE. Or la garantie d’accès à une source d’énergie fiable et bon marché et la réduction de la dépendance aux importations (la France est énergétiquement dépendante à hauteur de 50%) repose sur l’adéquation des capacités à la demande d’électricité et la sûreté de fonctionnement du système électrique. Le tout assuré par Réseau de transport de l’électricité (RTE). Le Code de l’énergie français tolère une durée moyenne de trois heures annuelles en cas de défaillance causée par un déséquilibre entre l’offre et la demande contre huit heures en Irlande et même vingt en Belgique. Cette approche plus restrictive impose un parc de production nucléaire sûr et capable de moduler sa production face aux pics de consommation en complément d’énergies renouvelables. Une adaptabilité qui demeure actuellement indispensable tout en offrant aux particuliers le prix de l’électricité le plus bas d’Europe de l’Ouest.

En outre, contrairement aux énergies fossiles, le nucléaire n’émet aucun rejet dans l’atmosphère à l’origine de maladies respiratoires qui représentent un coût de 100 milliards d’euros par an, un coût à mettre en parallèle avec le milliard d’euros de taxes locales récoltées chaque année grâce aux centrales qui emploient par ailleurs pas moins de 220.000 personnes.

Les futurs besoins en consommation font débat. Aussi serait-il malvenu pour un pays comme la France de renoncer à son indépendance énergétique si d’aventure la part du nucléaire reculait plus vite que les énergies renouvelables ne se développent. Mais les acteurs comme Orano et EDF ont été clairs. Quelle que soit l’issue du débat public à fin juin, ils accompagneront les territoires.

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