Poisson : flou artistique autour de l’étiquetage des plats préparés

La CLCV jette aujourd’hui un pavé dans nos assiettes de poisson. Selon l’étude menée par l’association nationale de défense des consommateurs et usagers, les informations figurant sur les étiquettes des plats préparés restent encore très floues, et tout particulièrement lorsque ces derniers contiennent du poisson.

La CLCV a passé au crible les étiquettes 70 produits à base de poissons (parmentiers, brandade, panés, croquettes, nuggets, rillettes, surimis, soupes et plats cuisinés), issus à la fois de grandes marques et de marques distributeurs, sans faire l’analyse du produit lui-même. Et le constat est inquiétant. Selon l’association de défense de consommateurs, les informations figurant sur les étiquettes restent très imprécises, le flou étant savamment entretenu sur les espèces utilisées ou le pourcentage exact de poisson contenu dans chaque préparation.

De la “chair hachée

La CLCV a tout d’abord constaté que l’utilisation de filets de poisson est rare (hormis dans les panés) puisqu’elle ne concerne que 20 % des 70 références de l’échantillon. Le plus souvent, la matière première est de la chair de poisson que l’on retrouve dans les surimis, les parmentiers et dans la plupart des croquettes et rillettes de poisson.

Dans certains cas, derrière cette “chair” ou  “chair hachée“, “se cache du filet haché mais on peut aussi avoir affaire à une matière première récupérée sur les  chutes de filetage, voire sur les arêtes,  après passage de ces co-produits dans des broyeurs et des presses. Selon le procédé employé et l’intensité de la pression exercée, on peut récupérer, mélangée à la chair, une proportion plus ou moins importante de peau et de fragments d’arêtes. Le consommateur n’a malheureusement aucun moyen de savoir s’il a affaire à de la chair à proprement parler ou à ce mélange peu ragoûtant“, explique la CLCV.

Quel poisson?

S’agissant de la quantité de poisson présente dans les produits, là encore c’est le flou artistique. Sur les références analysées par la CLCV, 21 ne mentionnent pas de manière claire le pourcentage total de poisson. “Or, cette information en dit long sur les écarts de qualité entre produits. Certaines soupes de poisson ne comptent que 14% de poisson alors que les produits les plus riches en contiennent 40%. De même, dans les parmentiers de poisson, le pourcentage de poisson varie du simple au double. Quant à savoir de quel poisson il s’agit, c’est bien souvent impossible. Les mentions aussi vagues que « poissons » ou « poissons blancs » sont malheureusement très fréquentes : elles concernent la moitié des produits de l’échantillon“, ajoute l’association.

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