Mediator : Servier est-il « diabolique » ?

Encore du nouveau dans l’affaire du Mediator… Selon l’information révélée aujourd’hui par le Monde et le Figaro, deux scientifiques expliquent comment Servier avait pris le soin de gommer les caractéristiques coupe-faim du Mediator pour le présenter comme un antidiabétique dans le but d’obtenir son autorisation de mise sur le marché. C’est toutefois bien un coupe-faim que Servier a mis sur le marché.

Deux scientifiques ont donc jeté un nouveau pavé dans la mare des laboratoires Servier. En effet, pour ces anciens collaborateurs, entendus cet été par les magistrats en charge de l’affaire, le Mediator était bien un coupe-faim mais “Servier a falsifié les rapports d’experts pour mettre le Mediator sur le marché“. Le laboratoire aurait sciemment gommé les caractéristiques de coupe-faim du médicament et l’aurait présenté comme un antidiabétique pour obtenir plus facilement l’autorisation de mise sur le marché du produit.

Pour le Pr Jean Charpentier, entendu par la justice le 28 juillet dernier, il confie être “beaucoup étonné de voir le Mediator sortir comme antidiabétqiue car ça n’a rien à voir sur le plan expérimental, ni sur le plan clinique. C’est vrai, il diminue la faim“. “Il n’y a pas de propriété pour le diabète mise en évidence à l’époque. Le choix du diabète s’explique car c’est un domaine infiniment plus rentable pour les labos” ajoute-t-il aujourd’hui dans le Figaro.

“Diabolique”

Pour Irène Frachon, premier médecin à avoir alerté sur les effets secondaires du Mediator, il s’agit tout simplement d’une stratégie “diabolique“. A l’inverse, Hervé Temine, l’avocat des laboratoires Servier a lui aussi réagit à ces révélations. Selon lui, “Servier n’est absolument pas dans le déni. Servier ne conteste pas les travaux qui ont été faits (…) à la fin des années 1960 sur cette molécule“, explique-t-il à l’AFP. “Servier considère simplement qu’il n’y a pas eu de tromperie, qu’il n’y a pas eu d’escroquerie, qu’il n’y a pas eu d’obtention indue d’une autorisation de mise sur le marché” ajoute-t-il.

Pour rappel, le Mediator serait à l’origine du décès de 500 à 2.000 personnes. Cinq millions de patients l’ont déjà utilisé.

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