L’huile de friture, un succès polémique

carburant_vert_biocarburant.jpgRouler à l’huile de friture devient de plus en plus tendance, à l’image du succès de l’association “Roule ma frite” qui ne parvient plus à répondre à la demande. Pourtant, la France interdit toujours aux véhicules de rouler à l’huile usagée pure.

Le MEEDDAT justifie cette position par le fait que “les moteurs ne sont pas adaptés à l’huile de friture, en particulier les plus récents, ceux de moins de cinq ans, qui ont un système d’injection à très haute pression. Outre le fait que cela pose des problèmes mécaniques, les études menées par l’Institut français du pétrole et l’Ademe sur l’huile brute ont révélé des émissions nettement plus polluantes qu’avec le gazole !“.

Pourtant, une directive européenne de mai 2003 autorise l’huile de friture comme carburant, directive non transposée en droit français, contrairement à ce qui s’est fait en Allemagne ou en Grande-Bretagne. La France se contente d’autoriser la transformation de cette huile en biodiesel. Or les fabricants français de biocarburants préfèrent de leur côté travailler avec de l’huile vierge issue des productions agricoles dédiées.

Exportée en Allemagne

Ce constat amène Catherine Nieuwenhove de l’association “Roule ma frite” de Marseille, à conclure à une situation ubuesque. Selon un article paru dans Les Echos, elle constate en effet avec regret qu’actuellement en France, “quand l’huile usagée est collectée, c’est pour être transportée en Allemagne !“.

Si rouler à l’huile de friture pourrait engendrer plus d’émissions de CO2, mais moins de pollution d’oxyde d’azote et d’hydrocarbures, son bilan global serait cependant moindre pour certains écologistes, puisque la plante en aurait consommé avant.

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