Alerte rouge sur l’or bleu

Rabat.JPGAprès l’alimentation, c’est au tour de l’eau d’être au coeur des préoccupations de la Banque Mondiale. Lors d’une réunion avec les dirigeants des pays arabes à Rabat au Maroc en fin de semaine dernière, elle leur a demandé de réduire rapidement leur consommation d’eau afin d’éviter une pénurie catastrophique.

Ainsi, Pier Francesco Mantovani, le spécialiste en eau à la Banque Mondiale précisait qu’il “ne s’agit pas de mesures techniques qui doivent être décidées par des ingénieurs mais de réformes politiques profondes que les gouvernements de la région MENA (Moyen-Orient et Afrique du nord) tardent à prendre car elles ne sont pas très populaires“.

Les chiffres sont effectivement inquiétants. Cette région du monde consomme plus d’eau qu’elle n’en reçoit. Ainsi, selon un rapport de la Banque Mondiale, en raison de la croissance démographique, la disponibilité en eau par habitant baissera de moitié en 2050. Or, dans le même temps les ressources en eau renouvelable devraient chuter d’au moins 20% sous l’impact des changements climatiques.

Cette détérioration a des conséquences financières. La dégradation de la qualité des eaux coutent très cher, environ 1 à 1,5% pour les pays de la région Mena, 3% pour l’Iran.

Le modèle tunisien

La Banque Mondiale propose donc une “meilleure gouvernance” de l’eau. Il faut savoir que les usages domestiques, commerciaux ou industriels de l’eau ne représentent que 10 à 15% des besoins en eau d’un pays. Le reste correspond à l’usage qu’il en fait par l’agriculture. C’est donc à ce niveau qu’il faut intervenir par la réduction de l’irrigation, en octroyant par exemple des “allocations d’eau“.

Déjà certains pays ont pris conscience de l’urgence et ont instauré certaines mesures de restriction. C’est notamment le cas de la Tunisie. Pier Francesco Montovani précise que “dans ce domaine, la Tunisie a quinze ans d’avance sur le Maroc et encore plus sur l’Algérie. Elle a réussi à assurer ses besoins d’eau de manière durable et au Maghreb, c’est le pays où l’eau est la moins chère“.

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