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Une activité économiquement viable n’est pas en contradiction avec l’équité sociale ou le respect de l’environnement

dominique_wolff.JPGPar Dominique Wolff, Docteur es Sciences économiques, responsable du Master Gestion et Développement durable ESCEM-Université de Sherbrooke (Québec, Canada).

En 1987, la publication du rapport “Notre Avenir à tous de la Commission Mondiale sur l’Environnement et le Développement”, dite Commission Brundtland, consacre le terme de Sustainable Development. On retiendra de ces travaux, une définition politique qui présente le développement durable comme étant un mode de développement qui permet aux générations présentes de satisfaire leurs besoins sans remettre en cause la capacité des générations futures à satisfaire les leurs [CMED, 1987]. Tel qu’il est présenté, le développement durable se veut une acception proposant un nouvel équilibre entre les enjeux de conservation de l’environnement, de croissance économique et d’équité sociale.

Depuis quelques années, une certaine évolution des comportements entrepreunarials…

Dès le début des années 90, certains dirigeants d’entreprises commencèrent à prendre en compte le développement durable comme un enjeu stratégique pour l’entreprise. A ce titre, souvenons-nous du bilan mitigé du Sommet de Johannesburg (2002). Même si pour beaucoup, cette conférence fut marquée par de nombreuses déclarations d’intentions et très peu d’engagements de la part des Politiques, elle fut l’occasion, pour de nombreuses firmes multinationales, de montrer leur intérêt pour le développement durable. Le message était clair : certaines FMN ont demandé aux représentants politiques d’adopter rapidement une réglementation internationale claire et uniforme, contenant des objectifs chiffrés, ainsi qu’un calendrier précis, afin notamment d’encourager la R&D, l’utilisation d’énergies alternatives…

Une nécessaire réhabilitation du rôle de l’entreprise…

Dorénavant, on ne peut plus parler de développement durable sans passer par un travail de réhabilitation du rôle de l’entreprise. Elle doit s’impliquer lourdement dans ce projet et prendre conscience qu’une activité économiquement viable n’est pas en contradiction avec l’équité sociale ou le respect de l’environnement et que, sur ces bases, elle peut anticiper un nouveau type de demande – nouvelles normes sociales, comportementales ou techniques, nouvelles attentes des marchés financiers en termes d’éthique, de différenciation de ses outputs, etc. Cet engagement ne doit pas se résumer à un effet de mode, résultant de l’initiative de quelques firmes leaders, mais d’un processus incrémental, sans retour possible, et sur lequel, le dirigeant doit être persuadé qu’il peut en tirer profit : en termes d’avantage concurrentiel, d’évitement de coûts, de mobilisation de son personnel autour de ce concept humaniste, d’attractivité, de gestion de son image de marque, etc.

Le développement durable et le management…

Toutefois, après avoir fondé de nombreux espoirs autour de ce concept, il semble que sa déclinaison en termes de management soit le chaînon manquant empêchant le développement durable de devenir un comportement de gestion référant. Les démarches volontaires sont nombreuses et conduisent à un foisonnement de bonnes pratiques que l’on peut retrouver, par exemple, sur le site du Global Compact. Certaines entreprises ont su utiliser le développement durable comme positionnement stratégique. D’autres l’ont instrumentalisé dans leur communication et le positionnement de leur marque et quelques-unes, moins nombreuses, ont su l’intégrer à leur mode de management.

Le développement durable est devenu progressivement une forme de consensus idéal permettant de croiser les préoccupations de deux systèmes de valeur antagonistes : la logique de marché et les attentes morales de la société civile. Malgré tout, l’ensemble des cas pratiques que l’on donne habituellement en exemple, soulèvent une remarque d’importance : comment intégrer, de manière opérationnelle, le développement durable au management des organisations ?

Pour en savoir plus et comprendre les mécanismes d’intégration de la notion de développement durable au management des organisations : « Développement durable – Théories et applications au management » – Dominique Wolff et Michel Dion, Editions Dunod (janvier 2008).

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