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La qualité de l’air en Europe tarde à s’améliorer

La pollution de l’air reste plus que préoccupante en Europe : si de timides progrès sont sensibles, une majorité de pays ne respectent toujours pas les normes en matière d’émission de particules polluantes. Le bilan, environnemental, humain et financier, est pourtant inquiétant.

Le 6 février dernier la Commission Européenne a dressé un bilan sur la pollution atmosphérique urbaine. Et si elle souligne « la poursuite d’une lente amélioration en ce qui concerne les concentrations de polluants atmosphériques en Europe », elle pointe surtout « le manque de progrès sur les plafonds fixés par la législation européenne par les États membres ». Elle rappelle que la directive sur la qualité de l’air prévoit une réduction de l’exposition aux particules fines de 20 % en 2020 par rapport au niveau de 2010.

Non-respect des réglementations

Les règles européennes sur la qualité de l’air ne sont pas respectées dans plus de 130 villes, situées dans 23 des 28 pays de l’Union. Et, au-delà de l’impact environnemental, les conséquences en vies humaines sont considérables. Sur l’année 2013, les matières particulaires (PM2.5), ces fameuses « particules fines » (grains de poussière et de suie microscopiques qui peuvent entrer dans les poumons et les vaisseaux sanguins) ont provoqués 436 000 morts prématurées sur l’ensemble de l’UE.

Des actions judiciaires qui se multiplient

Sur la même année, le dioxyde d’azote (NO2), produit essentiellement par la circulation, a provoqué 68 000 morts prématurées. Devant le non-respect des normes européennes sur le dioxyde d’azote, la Commission a lancé plusieurs actions en justice contre 12 Etats membres – parmi lesquels on retrouve les pays les plus urbanisés de l’Union, Allemagne, Espagne, Italie, Royaume-Uni, France.

Même d’un point de vue financier, la mise aux normes des pays de l’Union s’impose : le commissaire en charge de l’environnement, Karmenu Vella, a estimé qu’un simple respect des lois environnementales européennes permettrait d’économiser 50 milliards d’euros chaque année, en coût lié à la santé ou en coût direct sur l’environnement.

En la matière, on ne peut que se féliciter de la victoire obtenue récemment à la Cour Suprême par des écologistes au Royaume-Uni face au gouvernement britannique pour non-respect des normes européennes. En espérant qu’elle en appelle bien d’autres…