Sida: un antirétroviral prescrit de façon préventive aux Etats-Unis

Les Centres de contrôle et de prévention des maladies ont décidé de recommander l’utilisation du Truvada, un antirétroviral, de façon préventive dans les groupes à risques pour lutter contre l’épidémie de sida aux Etats-Unis. Une mesure qui répond à la baisse de l’utilisation des préservatifs outre-Atlantique.

Seul antirétroviral autorisé depuis 2012 par la FDA, l’agence fédérale des médicaments, le Truvada devrait désormais être prescrit de façon préventive pour les personnes appartenant à un groupe à risque dans le cadre de la lutte contre le sida aux Etats-Unis. Pris quotidiennement, ce médicament composé de deux antirétroviraux déjà commercialisés séparément pourrait en effet protéger d’une éventuelle contamination.

Moins de préservatifs

Pris en charge par les assurances maladies, ce médicament pourrait alors être prescrit à 500.000 Américains à titre préventif, contre 10.000 aujourd’hui. Parmi les personnes visées, celles appartenant à un groupe à risque, à savoir : les hommes homosexuels ayant des relations non protégées, les hétérosexuels ayant des partenaires à haut risque, les hommes bisexuels ayant des rapports non protégés ainsi que toute personne ayant des relations régulières avec un partenaire identifié séropositif.

Sont concernés également les drogués ainsi que toute personne partageant des seringues. Avant le traitement, les personnes devront effectuer un test de dépistage, test qui sera ensuite renouvelé tous les trois mois. Les CDC ont pris cette décision après avoir constaté une baisse significative de l’usage du préservatif, seul moyen de protection contre le virus du sida connu,  et notamment chez les hommes homosexuels. Les rapports non protégés auraient ainsi augmenté de 20% entre 2005 et 2011 dans ce groupe.

Mais pour certaines ONG, comme AIDS Healthcare Foundation, cette mesure peut avoir des effets pervers et entrainer une nouvelle “diminution de l’usage du préservatif“. Par ailleurs, son président, Michael Weinstein redoute une augmentation “des autres maladies vénériennes comme la syphilis qui connait une forte résurgence“.

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