Viande de cheval : Bruxelles confirme la fraude alimentaire

Steaks hachésLancés le mois dernier, les tests organisés à l’échelle de toute l’Union européenne pour établir la présence d’ADN de cheval et celle de phénylbutazone, demandés et cofinancés par la Commission européenne à la suite du scandale lié à la viande chevaline, ont révélé que moins de 5 % des produits analysés contenaient de l’ADN de cheval et que 0,5 % environ des carcasses de cheval analysées contenaient des résidus de phénylbutazone.

Les résultats publiés aujourd’hui confirment que nous sommes en présence d’un problème de fraude alimentaire et pas de sécurité alimentaire. Il est à présent vital pour l’économie européenne, après ce scandale de l’étiquetage frauduleux, de restaurer la confiance des consommateurs européens et des partenaires commerciaux dans notre chaîne alimentaire, le secteur alimentaire étant en effet secteur économique le plus important de l’UE“, commentait hier Tonio Borg, membre de la Commission chargé de la santé et de la protection des consommateurs. Et de conclure, “dans les prochains mois, la Commission va proposer de renforcer les contrôles tout au long de la chaîne alimentaire, dans le droit fil des enseignements tirés”.

Le double objectif des tests

Le programme coordonné de tests avait un double objectif: en premier lieu, des contrôles ont été effectués, principalement chez les détaillants, sur les produits alimentaires destinés aux consommateurs finaux commercialisés comme contenant du b?uf, en vue de déceler de la viande de cheval non mentionnée sur les étiquettes; en second lieu, des tests ont été réalisés pour détecter la présence éventuelle de phénylbutazone (un anti-inflammatoire non stéroïdien) dans la viande chevaline. Les tests ont été cofinancés à 75 % par la Commission européenne.

Le nombre de tests effectués sur des échantillons pour prendre la mesure de cet étiquetage erroné a varié entre 10 et 150, en fonction de la taille du pays de l’UE et des habitudes alimentaires de ses habitants. Le critère utilisé pour l’échantillonnage des tests concernant la phénylbutazone était d’un échantillon analysé pour cinquante tonnes de viande de cheval, avec un minimum de cinq tests effectués. Certains États membres ont réalisé davantage de tests que le nombre recommandé par la Commission.

Pas d’inquiétude

Les autorités compétentes ont effectué 7 259 tests dans les 27 pays de l’UE: 4 144 tests portaient sur la présence d’ADN de cheval, et 3 115 sur celle de phénylbutazone. De l’ADN de cheval a été mis en évidence dans 193 échantillons (soit 4,66% des produits analysés) et 16 échantillons contenaient des traces de bute (soit 0,51% du total). De plus, les États membres ont signalé que les exploitants du secteur alimentaire (producteurs, transformateurs et distributeurs) ont effectué 7 951 tests supplémentaires. Sur ce nombre, 110 ont révélé la présence d’ADN de cheval (soit 1,38% des tests effectués). Le faible nombre d’échantillons dans lesquels on a décelé de l’ADN de cheval et le niveau très faible de phénylbutazone détecté montrent que seule une part minime de la production totale dans l’UE est concernée.

Ces résultats concordent avec l’avis publié conjointement par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) et l’Agence européenne des médicaments (EMA) le 15 avril 2013 qui concluait que les risques associés à la phénylbutazone doivent “peu inquiéter les consommateurs en raison de la faible probabilité d’exposition à ce risque et de la faible probabilité globale d’effets toxiques; la probabilité qu’un consommateur soit exposé, un jour donné, à la phénylbutazone alors qu’il est par ailleurs susceptible de développer une anémie aplastique, se situerait entre deux sur un trillion et une sur 100 millions“.

Le RASFF

Les résultats ont été communiqués au moyen du système d’alerte rapide pour les denrées alimentaires et les aliments pour animaux (RASFF) de l’UE, un portail électronique qui joue un rôle essentiel pour assurer un niveau de sécurité alimentaire élevé aux citoyens de l’UE, car il permet aux autorités européennes de sécurité des aliments d’échanger rapidement des informations sur tout risque grave portant sur les denrées alimentaires ou les aliments pour animaux.

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