Etats-Unis : le Champix au banc des accusés

Après le Mediator, le buflomédil, le nimésulide, un nouveau médicament pourrait lui aussi se retrouver très prochainement sur la sellette. Il s’agit du Champix, un médicament sensé aider les gros fumeurs à décrocher de la cigarette. Aux Etats-Unis,  plus de 1.200 plaintes ont été déposées en raison des effets secondaires liés à la prise de ce médicament.

En pleine tourmente médicamenteuse en France, l’annonce du dépôt de plus de 1.200 plaintes à l’encontre du laboratoire Pfizer en raison des effets secondaires du Champix aux Etats-Unis, ne va certainement pas éteindre la polémique. Le Champix, médicament prescrit pour aider au sevrage tabagique commercialisé aux Etats-Unis sous le nom de Chantix, provoquerait en effet des états suicidaires chez ses utilisateurs , voire pour certains un passage à l’acte. La varénicline, molécule du Champix, a été autorisée aux Etats-Unis en 2006 et en France dès 2007.

Très vite la question des effets secondaires a été soulevée et l’ensemble des dossiers américains a été centralisé dans un tribunal fédéral de l’Alabama. Ce dernier a alors recensé plus de 1.200 plaintes à l’encontre de Pfizer pour négligence, des plaintes émanant de consommateurs ou de leur famille. Le principal avocat des plaignants, Ernest Cory, confiait même à l’AFP s’attendre au dépôt d’un millier de plaintes supplémentaires.

La plupart des cas présentés impliquent des problèmes neurologiques“, explique-t-il citant entre autres des cas de “suicides, tentatives de suicide et trous de mémoire“. Sur les 1.200 dossiers déposés jusqu’à présent, plus d’une centaine auraient été déposée suite à la réussite d’un suicide.

Pas de preuve scientifique

De son côté, le laboratoire Pfizer, contacté par l’AFP juge qu’il “n’existe pas de preuve scientifique que le Chantix ait provoqué les accidents neurologiques rapportés par les plaignants (…) Le Chantix est un traitement efficace pour de nombreux fumeurs qui souhaitent arrêter et nous avons l’intention de défendre ce médicament utile” explique Victoria Davis, la porte-parole du laboratoire.

Si la procédure des plaignants à l’encontre du laboratoire aboutit, la Food and Drug Administration pourrait alors décider de retirer le médicament du marché. Une décision qui pourrait alors être suivie outre-Atlantique.

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