Taxe carbone : Chantal Jouanno ne décolère pas

Après l’annonce lundi du report de la taxe carbone en France, Chantal Jouanno  se montre toujours très remontée contre cette décision, accusant notamment le Medef d’avoir “planté” cette taxe écologique, dans un entretien accordé au quotidien Libération aujourd’hui.

C’est clair, c’est le Medef qui a planté la taxe carbone. Au nom de la compétitivité. Est-ce que le Medef s’est ému des 2 milliards de bonus distribués aux banques ?“, s’interroge Chantal Jouanno dans les colonnes de Libération aujourd’hui. La secrétaire d’Etat qui se dit “désespérée” par un tel renoncement, remet également en cause la responsabilité des “céréaliers intensifs” et déplore la victoire de “la culture du pouvoir sur la culture de l’action“.

Si on attend que l’Europe prenne une décision, la taxe carbone sera reportée sine die. Cela pose un problème ontologique à la gauche comme à la droite. Nos élus et une partie de la société n’ont pas compris l’importance de l’écologie. On a vingt ans pour changer les mentalités“, ajoute-telle.

Très remontée, Chantal Jouanno n’hésite donc pas à monter au créneau pour exprimer sa déception après l’abandon du projet de taxe carbone. “Il faut essayer quelque chose. Il me reste la parole. Je me ferai peut-être exploser mais ce n’est pas grave. Je vais parler vrai. Je préfère aller au bout (…) Je ne suis pas là pour faire de la provoc’ mais porter la parole que l’écologie n’est l’otage d’aucun clan (…) Quand ils seront lassés par moi, ils me diront d’aller voir ailleurs“.

Le soutien de Borloo, le lâchage de Copé

Chantal Jouanno bénéficie toujours du soutien de son ministre de tutelle. Interrogé sur Europe 1 ce matin, Jean-Louis Borloo juge que les propos de sa secrétaire d’Etat reflètent “le sentiment général que l’écologie est un peu aujourd’hui prise en otage par la petite politique (…) Chantal est sous la déception, ce que je comprends“.

La secrétaire d’Etat bénéficie également du soutien du secrétaire général de l’UMP, Xavier Bertrand pour qui “quand on croit à une conviction, quand on sent bien qu’il y a besoin de convaincre, continuer à persuader, il ne faut jamais abandonner (…) C’est en plus un combat qu’elle va devoir porter au niveau européen“, affirmait-il sur France 2.

Jean-François Copé se dit de son côté choqué des commentaires émis par Chantal Jouanno. “Il s’agit d’un arbitrage qui a été rendu par le président de la République, par le Premier ministre, en liaison étroite avec les députés. Nous avons les uns et les autres considéré en conscience que notre engagement pour le développement durable (…) ne pouvait se réduire à la taxe carbone (…) Je n’accepterai pas qu’on mette en doute notre engagement écologique

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