Electricité : vers une hausse probable des tarifs

Dans un entretien accordé à l’agence Reuters, Jean-Claude Lenoir, président du conseil supérieur de l’énergie, estime que la réforme du marché de l’électricité français n’empêchera probablement pas une hausse des tarifs mais devrait aboutir à une meilleure maîtrise de la consommation.

Si les tarifs de l’électricité seront plus chers, ils devraient également être plus vertueux. Selon Jean-Claude Lenoir, la réforme censée introduire davantage de concurrence sur le marché, devrait favoriser à terme, le développement des offres commerciales innovantes et les évolutions technologiques, visant à réduire la consommation.

On est encore dans un système où le client est passif. Les technologies vont nous permettre d’en faire un acteur qui participe à l’effort collectif d’économies et de meilleure utilisation de l’électricité” explique-t-il à Reuters. “Les réseaux intelligents sont un bon outil pour développer le marché. Au fond, la différence ne réside pas dans le coût du produit qui arrive chez le client, mais dans le contrat qui permet d’adapter (la consommation) aux besoins selon les heures de la journée“.

Une hausse inéluctable

On a trop longtemps entendu que l’ouverture des marchés et le développement de la concurrence allaient profiter aux consommateurs et qu’ils allaient bénéficier de baisses de prix. On l’a dit à un moment où, de fait, il y avait une baisse conjoncturelle. Mais la vérité, c’est qu’on ne voit pas de baisse possible compte tenu des investissements à réaliser” ajoute Jean-Claude Lenoir avant de préciser que selon lui une hausse des tarifs est inéluctable en France. Il confie sur ce point qu’une hausse des tarifs de 2% pour les particuliers et de 4% pour les industriels semblerait “réaliste”.

Pour le président de CSE,  “le débat porte moins sur le principe que sur le niveau des coûts de production et donc des prix (…) Savoir ce que coûte l’électricité est un débat essentiel si on veut déterminer un prix de cession. Si le prix payé à EDF par ses concurrents correspond à son coût de production et à une certaine rémunération du capital, où est le problème ? (…) Dire que le nucléaire n’est pas cher et que les moyens de production ont été amortis ne tient pas : il faut investir et on le sait”.

Enfin, selon Jean-Claude Lenoir, une prolongation du Tartam, tarif réglementé appliqué aux entreprises sera incluse dans une proposition de loi examinée en mars au Sénat.

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