Le Pnue dévoile son Réseau pour un climat neutre

pollution_2.jpgQuatre pays, quatre villes et cinq sociétés ont lancé une initiative audacieuse pour adresser le changement climatique et le besoin urgent d’arriver à une économie mondiale dé-carbonisée.

Les participants sont les premiers à se joindre au Réseau pour un climat neutre (CN Net), lancé par le Programme des Nations Unies pour l’environnement avec le Groupe de Gestion Environnementale, pour une solution intéressante aux problèmes causés par l’augmentation des gaz à effet de serre.

Ce réseau Internet cherche à fédérer le nombre encore petit mais grandissant de nations, autorités locales et sociétés qui s’engagent à réduire fortement leurs émissions pour arriver à des économies, communautés et entreprises à zéro émission. Au cours des prochains mois, les agences intergouvernementales, les organisations, la société civile et finalement les particuliers seront invités à y prendre part.

Le but est de créer un véritable réseau mondial d’échange d’informations ouvert à tous les niveaux de la société, des présidents, premiers ministres et princes, aux citoyens de Pittsburg et Sao Paulo, Poznan et Apia.

“Il est urgent de lutter contre le réchauffement climatique”

Achim Steiner, Sous-Secrétaire Général des Nations Unies et Directeur Exécutif du PNUE a déclaré hier : “La neutralité climatique est une idée qui a fait son chemin, parce qu’il est urgent de lutter contre le réchauffement climatique mais aussi à cause des grandes possibilités économiques pour ceux qui sont prêts à faire la transition vers une économie verte.

Cette nouvelle initiative vient renforcer les négociations officielles de la Convention Cadre des Nations Unies sur le Changement Climatique. Les gouvernements doivent suivre la feuille de route de Bali pour arriver à une bonne conclusion à Copenhague en 2009. Le Réseau pour un Climat Neutre peut aider à donner confiance en démontrant des actions concrètes aux niveaux national et local sur l’art du possible“, a-t-il ajouté.

Ce réseau s’inscrit sur le long terme et peut également servir à mobiliser une vaste réponse démontrant que la transition vers un futur à faible carbone, voire sans carbone, est possible si les actions inspirantes et pratiques sont élargies au monde entier.

4 pays partenaires

Les quatre premiers pays partenaires sont le Costa Rica, l’Islande, la Norvège et la Nouvelle Zélande. Comme les villes et les entreprises, ils représentent une diversité de défis et d’opportunités qui peuvent être repris partiellement ou totalement par d’autres. “Pour la Norvège, se sont les émissions du pétrole et du gaz qui dominent, tandis qu’en Nouvelle Zélande, l’agriculture représente 50 % de ses émissions actuelles de gaz à effet de serre“, a déclaré M. Steiner.

Le principal défi de l’Islande réside sans doute dans les secteurs du transport et de l’industrie, notamment la pêche et la transformation du poisson. Je suis particulièrement heureux que le Costa Rica fasse partie des précurseurs. Son engagement montre que les bénéfices économiques de réduire notre dépendance en énergies fossiles et de l’action contre la déforestation et la dégradation des terres sont d’un intérêt central pour les pays en développement tout comme les pays développés.

Costa Rica : un pays ambitieux

Le Costa Rica cherche à devenir climatiquement neutre d’ici 2021, lorsqu’il commémorera ses 200 ans d’indépendance. Sa stratégie repose sur la décision du Costa Rica de taxer les énergies fossiles en 1996 et d’allouer 3,5 % de l’argent perçu au Fonds National de Financement des forêts, dans le cadre d’un programme de ‘financement des services environnementaux’ qui rétribue les propriétaires terriens qui gèrent les forêts de façon à favoriser la séquestration et le stockage du carbone ainsi que la gestion de la production d’eau, de la biodiversité et des paysages.

En 2007, le Costa Rica a planté plus de cinq millions d’arbres, soit 1,25 par personne, le taux le plus important dans le monde. Plusieurs secteurs industriels soutiennent l’initiative, notamment un projet du secteur bananier pour devenir neutre en carbone. La stratégie inclut également un projet pour augmenter la part de l’énergie renouvelable au-delà de 90% et l’action sur l’efficacité énergétique.

Islande : Réduire les émissions polluantes de 75%

L’Islande a élaboré un plan pour réduire ses émissions nettes de gaz à effet de serre de plus de 75 % d’ici 2050. Sa production d’électricité est déjà l’une des plus propres du monde. Actuellement 99 % de la production d’électricité et 75 % de la production totale d’énergie provient de centrales géothermiques et hydrauliques. Le transport, notamment les véhicules et la flotte de pêche, dont les émissions ont augmenté depuis 1990, constitue maintenant le principal défi de l’Islande.

Le pays prévoit d’élargir les exonérations fiscales aux personnes qui achètent des véhicules utilisant par exemple du méthane, de l’hydrogène, de l’électricité ou la technologie hybride. L’Islande cherche aussi à équiper sa flotte de pêche avec des énergies écologiques comme les cellules à combustible. Les HCFC (un gaz à effet de serre qui appauvrit la couche d’ozone) sont en train d’être remplacés par de l’ammoniaque dans les systèmes de réfrigération.

Il est aussi prévu de recourir au captage de méthane dans les décharges et d’améliorer la gestion et la restauration des sols, des terres humides et des forêts pour ‘séquestrer’ le carbone de l’air et réduire les émissions de la terre.

Nouvelle Zélande : 90% d’électricité d’origine renouvelable

La Nouvelle Zélande cherche à devenir climatiquement neutre grâce à plusieurs mesures intérieures, notamment un système d’échanges concernant tous les secteurs économiques et couvrant les six gaz à effet de serre régis par le protocole de Kyoto. Le pays s’est fixé comme cible d’obtenir 90% de son électricité à partir d’énergies renouvelables d’ici 2025, et de réduire de moitié les émissions par habitant générées par le secteur du transport d’ici 2040, en introduisant des voitures électriques et l’obligation d’utiliser des biocarburants.

Six agences gouvernementales chercheront à devenir totalement neutres d’ici 2012. Les émissions qui ne peuvent pas être réduites seront compensées par des projets de reforestation en territoires tribaux. La Nouvelle-Zélande, qui sera l’hôte de la Journée Mondiale de l’Environnement 2008 sur le thème ‘Non à la dépendance ! Pour une économie à faible émission de carbone’ est particulièrement attentive aux émissions d’origine agricole. Près de 40,000 exploitations représentent 50% des émissions de gaz à effet de serre du pays, contre 12% environ pour l’agriculture de la plupart des pays développés.

Norvège : 2,7 millions de dollars pour réduire les émissions polluantes

La Norvège cherche à devenir climatiquement neutre d’ici 2030, avec presque 20 ans d’avance sur le délai initialement annoncé. Le pays s’est lancé dans une vigoureuse politique d’amélioration et d’économie d’énergie et a perfectionné le piégeage et le stockage du carbone dans ses champs de pétroles.

La Norvège a récemment décidé de rejoindre le Système communautaire européen d’échange de quotas d’émission, et investi plus de 730 millions de dollars de compensations par le biais du mécanisme d’application conjoint du protocole de Kyoto et du Mécanisme pour un Développement Propre.

Elle a annoncé un plan d’investissement de 2,7 millions de dollars dans un programme de réduction des émissions dues à la déforestation et la dégradation des sols. Les gaz à effet de serre causés par la déforestation représentent environ 20 % du total des émissions.

Au cours de la période 2008-12, la Norvège estime qu’elle dépassera ses engagements souscrits dans le cadre du protocole de Kyoto de plus de cinq millions de tonnes.

Pour information : Les villes enregistrées dans le Réseau pour un Climat Neutre sont : Arendal (Norvège), Rizhao (Chine), Vancouver (Canada), Växjö (Suède). Les entreprises enregistrées dans le Réseau sont: Co-Operative Financial Services (Royaume-Uni), Interface Inc (États-Unis d’Amérique), Natura (Brésil), Nedbank (Afrique du Sud), Senoko Power (Singapour).

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