Pollution atmosphérique : Le Caire retrouve son “nuage noir”

caire.jpgLes gaz d’échappement des véhicules, les émanations hyper-toxiques provenant du brûlage de millions de tonnes de pailles de riz…, tout ceci fait qu’aujourd’hui Le Caire, l’une des villes les plus polluées au monde, est sous “nuage noir”.

Nous avons ici des pics de 540 microgrammes/m3 de particules fines polluantes, c’est trois fois plus que le plafond autorisé officiellement et dix fois plus que celui de l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) !“, a déclaré à l’AFP l’expert Magdi Abdel Wahad.

Pour cet expert, le “nuage noir” a de graves conséquences sur la santé, en raison de la stabilité atmosphérique et de l’absence de vent. Ces particules inférieures à 10 microns, appelées PM10, sont très dangereuses : elles peuvent être responsables de maladies allant de la bronchites à la malformation foetale.

L’Organisation Mondiale de la Santé recommande d’abaisser la concentration de ces particules fines à 50 microgrammes/m3/jour maximum. “Je peux vous dire que ces dernières semaines la fréquentation de mon cabinet a augmenté de 50 %, et ceci est dû à la pollution“, a précisé à l’AFP Assem al-Essawy, pneumologue au Caire.

Eradication du nuage d’ici à 2010

Depuis 1999, le “nuage noir” est présent au Caire durant tout l’automne. Il renforce la pollution atmosphérique qui ferait jusqu’à cinq mille décès par an dans la mégapole égyptienne.

Les paysans du delta qui brûlent les pailles de riz pour laisser la place aux nouvelles récoltes sont en partie responsables de cette pollution. En effet, les particules de suie sont trois fois plus nombreuses au Caire qu’à Pékin. “Cela donne une mesure de la pollution du Caire !” a indiqué l’expert français Stéphane Alfaro. Afin de réduire cette pollution, une loi interdit de brûler les pailles de riz après les récoltes dans le delta du Nil sous peine d’amendes.

Selon Magued George Elias, secrétaire d’Etat à l’Environnement, le “nuage noir” devrait disparaître d’ici à 2010. Si ce type de pollution est éradiqué au Caire d’ici trois ans, il faudrait encore lutter contre la pollution automobile et industrielle.

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