Le nucléaire manque de personnels qualifiés

nucleaire05.jpgAlors que les projets de nouvelles centrales nucléaires se multiplient, une question se pose : Y aura-t-il suffisamment de personnels qualifiés pour construire, faire fonctionner et entretenir les futures installations ?

Au total, il va se construire autant de centrales dans le monde sur les vingt prochaines années que pendant tout le XXe siècle“, a indiqué Laurent Stricker, conseiller auprès du président d’EDF pour le nucléaire, au quotidien “Les Echos” paru hier.

Tous les acteurs du secteur annoncent des plans de recrutement ambitieux. Ainsi, Suez prévoit d’embaucher 700 ingénieurs et techniciens l’année prochaine. En 2008, Areva souhaite recruter dans l’hexagone 1 000 ingénieurs et cadres. Pour sa filière nucléaire, EDF prévoit le recrutement de 5 000 ingénieurs d’ici 10 ans.

Tous les acteurs sont confrontés au même phénomène : une phase de pause, suivie d’une forte croissance généralisée, le tout dans un contexte démographique défavorable. Conséquence, nous devons repenser nos capacités de production, notre dispositif de recrutement et de formation, l’image du secteur…“, a indiqué Jean Cassingena, directeur des études RH chez Areva, au quotidien.

Ingénieurs, chefs de projet…

Concernant les profils recherchés, ce ne sont pas nécessairement des personnes avec des compétences spécifiquement nucléaires. Dans les années qui viennent, l’industrie nucléaire va avoir besoin d’ingénieurs généralistes, de chefs de projet ou spécialistes de disciplines variées.

Selon Philippe Hauw, coordinateur en chef de la World Nuclear University, un organisme visant à promouvoir la formation dans le nucléaire civil, “les compétences spécifiquement nucléaires ne concernent en fait que de très petits effectifs. Le secteur emploie en majorité des gens qui ont suivi une formation initiale en mécanique, hydraulique, thermique, chimie, génie civil…“.

Séduire les futurs ingénieurs

Pour faire face au manque de main d’?uvre, le Commissariat à l’énergie atomique (CEA) “lance une opération de recensement des compétences et des besoins“. EDF prévoit d’embaucher des débutants, ainsi que des responsables de chantiers, des spécialistes de l’ingénierie venus d’autres secteurs.

Afin de séduire les jeunes diplômés, les sociétés se rapprochent des écoles d’ingénieurs, “à la fois pour recruter et pour les inciter à relancer leurs formations spécialisées“. Ainsi, Suez organise des journées portes ouvertes pour les étudiants et EDF prévoit d’accueillir un millier de futurs ingénieurs à La Villette le 26 novembre prochain.

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