Les forêts françaises, des trésors de biodiversité à préserver 

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Les massifs forestiers français abritent une étonnante diversité d’espèces animales et végétales. Une richesse biologique dont la préservation fait pleinement partie du rôle des forestiers.

Alors que la France traverse sa première vraie vague de froid hivernal, le grondement des incendies de l’été passé semble déjà bien loin. Seules les forêts, dont près de 70 000 hectares sont partis en fumée au cœur d’un été historiquement chaud, conservent encore les stigmates de la fournaise qui les a emportées. 

 

Des incendies ravageurs

Des incendies meurtriers qui ont eu de dramatiques conséquences sur la biodiversité. Des kilomètres d’habitats naturels détruits, une flore réduite à l’état de cendres, et des millions d’animaux pris au piège des flammes : si certains oiseaux et grands mammifères sont, non sans blessures ni perte de repères, parvenus à fuir le brasier, la plupart des petits mammifères, des batraciens et des insectes ont péri étouffés, brûlés ou affamés.

Silencieuse, l’hécatombe est impossible à chiffrer ; elle est à la mesure de l’immense diversité d’animaux et de plantes qui peuplent les forêts. Les forêts françaises – majoritairement privées – abritent en effet de nombreuses espèces animales et végétales, avec 72% de la flore métropolitaine et près de 200 essences d’arbres. Cette richesse exceptionnelle est pleinement reconnue comme telle au cœur des forêts françaises. En forêts publiques, certaines zones sont sanctuarisées en « réserves biologiques ». Gérées par l’Office national des forêts (ONF), ces quelque 246 réserves couvrent plus de 54 000 hectares sur le territoire métropolitain et 86 000 hectares dans les départements d’Outre-mer. 

 

Les forestiers, artisans de la biodiversité

Pour autant, et bien qu’elles ne bénéficient pas de l’appellation de « réserves biologiques », les forêts privées possèdent elles aussi des spécificités biologiques qu’il est primordial de préserver. Comme le rappelle le Centre national de la propriété forestière (CNPF), « la production de bois, et tous les services écosystémiques dont nous bénéficions, sont liés à la préservation de la biodiversité ». « En cela, tout le monde est concerné : les propriétaires, les professionnels de la filière bois-forêt, et l’ensemble de la société », estime le CNPF. En d’autres termes, la gestion au quotidien de leurs forêts par les propriétaires privés ne sert pas uniquement la poursuite d’intérêts économiques et industriels ; elle s’inscrit dans une démarche multifonctionnelle qui regroupe des intérêts écologiques, sociaux et économiques.. 

Majoritairement privé, le massif des Landes de Gascogne, épicentre des incendies de l’été dernier, est exemplaire de cette richesse biologique bien éloignée des clichés tournant autour de l’industrialisation supposée de la forêt. Si de nombreuses critiques ont été formulées contre l’aspect mono-spécifique des Landes qui aurait favorisé la propagation du feu, plusieurs forestiers et chercheurs de l’INRAE ont tenu à affirmer dans une tribune au Monde que « la forêt landaise n’est pas l’horreur écologique que décrivent certains » : le houppier des pins des Landes étant « peu fourni, il pousse entre les arbres une vigoureuse végétation (fougère, bruyère, ajonc, molinie…) avec une faune associée spécifique. Cette forêt, comme d’autres, fournit aux humains de nombreux services écosystémiques ». 

 

Dans les Landes, une biodiversité insoupçonnée

Autant d’arguments que vient confirmer une étude globale portant sur la biodiversité des Landes de Gascogne. D’après ses auteurs, le massif, véritable « matrice éco-paysagère », comprend plus de 2 000 espèces, dont 49% de flore vasculaire, 4% de papillons de nuit, 6% d’oiseaux, 18% de coléoptères, 4% de mousses et lichens, 2% de champignons et 1% de reptiles et d’amphibiens. Les landes humides et tourbeuses servent de refuge pour de nombreuses espèces protégées, les boisements de feuillus d’habitat pour les oiseaux, papillons et chauves-souris, et les pinèdes de lieu de nourrissage pour plusieurs espèces. 

 

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