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Une nouvelle technique pour répertorier les priorités en matière de conservation des plantes

Il existe de nombreuses organisations qui surveillent des espèces menacées telles que les éléphants et les tigres, mais qu’en est-il des millions d’autres espèces sur la planète – celles dont la plupart des gens n’ont jamais entendu parler ou auxquelles ils ne pensent pas ? Comment les scientifiques évaluent-ils le niveau de menace, par exemple, de l’escargot à plis, de la langouste des Caraïbes ou du pin Torrey ?

Une étude parue en ligne le 3 décembre 2018 dans le journal Proceedings de l’Académie Nationale des Sciences (américaine) évoque une nouvelle approche co-développée au sein de l’Université d’État de l’Ohio.

Cette dernière indique que l’analyse de données et l’apprentissage des informations transmises par les machines peuvent prédire l’état de conservation de plus de 150 000 plantes dans le monde.

15 000 espèces de plantes menacées dans le monde

Les résultats suggèrent que plus de 15 000 espèces sont probablement considérées comme quasi menacées, vulnérables, en voie de disparition ou gravement menacées.

Cette approche permettra aux défenseurs de l’environnement et aux chercheurs d’identifier les espèces les plus menacées et de déterminer les zones géographiques dans lesquelles ces espèces sont fortement concentrées.

« Les plantes constituent l’habitat de base dont toutes les espèces dépendent. Il était donc logique de commencer par elles», a déclaré Bryan Carstens, professeur en évolution, écologie et biologie des organismes au sien de l’Université de l’Ohio. « Souvent, en matière de conservation, les gens se concentrent sur les gros animaux charismatiques, mais c’est l’habitat qui compte. Nous pouvons protéger tous les lions, les tigres et les éléphants que nous voulons, mais ils doivent avoir un endroit où vivre. »

Actuellement, l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) – qui produit l’inventaire le plus complet au monde des espèces menacées (la « Liste rouge ») – travaille plus ou moins espèce par espèce, nécessitant plus de ressources et de travail spécialisé que disponible pour attribuer avec précision une catégorie de risque pour la conservation de chaque espèce.

Parmi les quelque 100 000 espèces figurant actuellement sur la Liste rouge, les plantes figurent parmi les moins représentées, avec seulement 5% des espèces actuellement connues.

La nouvelle approche co-développée par Bryan Carstens et l’auteur principal Tara Pelletier, ancienne étudiante diplômée de l’État de l’Ohio et actuellement professeur adjointe de biologie à l’Université de Radford, vise à augmenter le nombre d’espèces de plantes incluses au sein de la Liste rouge.

Faire une prédiction sur les types de risques auxquels font face les espèces

L’équipe de recherche a construit son modèle prédictif à l’aide de données en accès libre issues du système mondial d’information sur la biodiversité et de la base de données TRY Plant Trait. Leur algorithme a comparé les données de ces sources avec celles de la liste rouge afin de déterminer les facteurs de risque au niveau de l’habitat, des conditions climatiques, des caractéristiques physiques et d’autres critères susceptibles de mettre les espèces en danger d’extinction.

La carte ainsi constituée montre que les espèces de plantes en péril ont tendance à se regrouper dans des régions à forte biodiversité, comme le sud-ouest de l’Australie, les forêts tropicales d’Amérique centrale et la côte sud-est des États-Unis, où davantage d’espèces se disputent les ressources.

« Cela nous a permis de faire une prédiction sur les types de risques de conservation auxquels font face les espèces et pour lesquels des évaluations détaillées n’ont pas encore été faites », a déclaré Bryan Carsten.

Pour le scientifique, le plus gros défi consiste à collecter des données à une si grande échelle, notant par ailleurs qu’il avait fallu plusieurs mois de contrôle de la qualité pour s’assurer que l’équipe travaillait avec des chiffres fiables.

La nouvelle technique a été imaginée afin d’être facilement reproductible par d’autres scientifiques, que ce soit à l’échelle mondiale, comme dans cette étude, ou pour un seul genre ou écosystème.

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