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L’hydroélectricité, un savoir-faire bien français

centrale-hydroelectrique

Deuxième source d’électricité dans l’Hexagone, la filière hydraulique française fait figure de référence à l’international. Début novembre 2017, EDF a une nouvelle fois prouvé le savoir-faire tricolore en la matière en se voyant confier l’étude de construction de la future centrale hydroélectrique des Émirats arabes unis.

Moins médiatisé que le solaire et l’éolien, l’hydraulique est de loin la première source d’énergie renouvelable dans la production électrique en France. À l’origine de 12,5 % de l’électricité consommée dans le pays, la filière française est la deuxième plus importante d’Europe après la Norvège, où 96 % de l’électricité provient des cours d’eau. Troisième source de production électrique mondiale derrière le charbon et le gaz, l’énergie hydraulique présente de nombreux avantages : coût peu élevé, stockage facile, disponibilité quasi-immédiate et respect de l’environnement. L’économie moyenne de pétrole est estimée à 2,23 millions de tonnes par an en France, alors même que seul 70 % du potentiel hydroélectrique national serait actuellement utilisé. Si les barrages au fil de l’eau constituent plus de 90 % des 2 500 installations hydrauliques dans le pays, ils ne fournissent que 26 % de la puissance totale installée, contre 40 % pour les centrales de lac, 18 % pour les STEP (station de transfert d’énergie par pompage) et 16 % pour les centrales de type éclusée, d’après le Syndicat France Hydro Électricité.

Pourvoyeur de 20 700 emplois directs, indirects et induits en 2012, le secteur de l’hydraulique a généré 3,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2015 dans l’Hexagone. Avec la baisse programmée du nucléaire dans le mix électrique français, le nombre total d’emplois devrait s’élever à 20 300 d’ici 2020 grâce aux 2,1 milliards d’euros d’investissement prévus dans les 10 prochaines années. Parmi les principaux projets en cours, la construction d’une centrale hydroélectrique sous-terraine dans la vallée alpine de la Romanche (Isère) doit donner naissance au plus grand barrage jamais édifié en France. En 2020, l’installation de 92 MW délivrera 560 GWh par an, soit l’équivalent d’1 % de la production électrique française. À elle seule, la future centrale de Romanche-Gavet produira un tiers d’électricité en plus que les 11 ouvrages historiques qu’elle remplacera. De quoi justifier les 250 millions d’euros investis par EDF dans le projet.

Hydroélectricité : l’expertise française fait toujours recette

Fort de plus de 70 années d’expérience, l’électricien français est devenu une référence mondiale dans le domaine. Le 9 novembre 2017, il a signé un contrat avec l’Autorité de l’eau et de l’électricité de Dubaï (DEWA) pour étudier, accompagner et assister la réalisation d’une centrale hydroélectrique d’une puissance de 250 MW dans l’enclave montagneuse de Hatta, à la frontière des Émirats arabes unis et d’Oman. Dans un communiqué, EDF indique qu’il s’agira de la première installation de type STEP des pays du Golfe. Reposant sur deux bassins situés à des altitudes différentes, cette technologie permet de maintenir l’équilibre du réseau électrique en limitant les coûts de production lors des pics de consommation. Sur le continent africain, le groupe français fait également valoir son expertise particulièrement précieuse alors que l’Afrique s’apprête à doubler sa population d’ici 2050, selon l’Unicef.

En juin dernier, le ministre de l’eau et de l’énergie camerounais avait annoncé la prochaine construction d’une centrale hydroélectrique à Nachtigal, au nord est de la capitale Yaoundé. D’un coût estimé à 1,09 milliard d’euros, elle devrait produire 420 MW d’électricité, permettant au pays de doubler sa production électrique d’ici sa mise en service en 2022. Plus récemment, Madagascar a aussi fait appel au savoir-faire français en matière d’énergie hydraulique lors d’un séminaire organisé à Antananarivo les 9 et 10 novembre. Intitulé “Les solutions de l’expertise française aux problèmes énergétiques à Madagascar”, le sommet a réuni une trentaine d’entreprises françaises spécialistes des énergies électriques renouvelables, qui ont présenté leur offre aux acteurs publics et privés du secteur énergétique malgache. Afin de pallier l’insuffisance des capacités de production électriques sur l’île, encore sujette à des mesures de délestage, la filière hydraulique a reçu une attention toute particulière pour ses atouts multiples. “Les solutions que nous essayons de promouvoir sont, pour l’essentiel, basées sur les énergies renouvelables […] parce que Madagascar dispose d’un potentiel de mobilisation de ressources permettant de générer l’électricité de manière continue, à commencer par l’hydroélectricité, témoigne Eric Noïtakis, conseiller économique à l’ambassade de France à Madagascar. Pour que le pays puisse entrer dans une dynamique de transition énergétique, il faut augmenter la capacité de production en investissant dans des centrales hydroélectriques, solaire ou de biomasse.”

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