Infections nosocomiales : la guerre est-elle en train d’être perdue ?

C’est aujourd’hui la Journée mondiale de l’hygiène des mains. A cette occasion, l’OMS recommande aux professionnels de santé de redoubler de vigilance vis-à-vis des règles d’hygiène des mains pour soigner les patients, afin de les protéger contre le risque de contracter des infections nosocomiales dans leurs établissements, malheureusement de plus en plus résistantes aux traitements antibiotiques.

Les maladies nosocomiales progressent partout dans le monde, de plus en plus résistantes aux antibiotiques. Les infections associées aux soins de santé surviennent généralement par transfert des germes présents sur les mains d’un agent de santé lorsqu’il touche le patient.

Sur 100 patients hospitalisés, au moins 7 dans les pays à revenu élevé et 10 dans les pays à revenu faible ou intermédiaire vont contracter une infection nosocomiale, précise l’Organisation mondiale de la santé. Chez les patients vulnérables dans un état critique et dans les unités de soins intensifs, la proportion peut atteindre 30%.

Des centaines de millions de patients infectés

Chaque année, des centaines de millions de patients dans le monde sont affectés par ces infections, dont une grande partie est causée par des agents pathogènes résistants aux antimicrobiens. Lorsque les patients sont infectés par des germes ne répondant pas bien aux antibiotiques prescrits, les issues cliniques sont en général plus mauvaises, le coût du traitement plus élevé et le risque de mortalité aggravé.

L’OMS vient de publier un rapport inquiétant sur la résistance aux antimicrobiens. Il révèle des taux élevés chez les bactéries responsables des infections les plus courantes (par exemple les infections des voies urinaires, les infections postopératoires, les pneumonies et les infections du sang) dans toutes les régions du monde.

Résistance jusqu’à 44% du staphylocoque doré

Cette résistance prendre des proportions inquiétante pour les experts. La grande fréquence des résistances chez les bactéries isolées dans les établissements de santé est particulièrement grave avec un germe aux effets dévastateurs, le staphylocoque doré, résistant à la méthycilline (MRSA). Cette résistance peut atteindre respectivement 44%, 40% et 38% en moyenne en Amérique latine, dans les pays d’Afrique de l’Ouest et en Europe, des pourcentages très élevés.

« Il y a des preuves scientifiques manifestes que l’hygiène des mains de la part des agents de santé contribue à réduire la fréquence des infections nosocomiales provoquées par des germes résistants, en particulier le MRSA », indique le Professeur Benedetta Allegranzi, responsable technique du programme OMS “Un soin propre est un soin plus sûr”.

Solution hydroalcoolique

Les professionnels de santé peuvent jouer un rôle crucial pour protéger les patients contre des infections difficiles à traiter en respectant les règles d’hygiène pour 5 indications essentielles. L’utilisation d’une solution hydroalcoolique ou un lavage de mains à l’eau et au savon doit être effectuée avant le contact avec un patient, avant le geste aseptique (par exemple l’insertion de dispositifs comme des cathéters), après le risque d’exposition à un liquide biologique, après le contact avec un patient, et enfin après le contact avec l’environnement du patient.

« Bien qu’il soit crucial de mettre au point de nouveaux antibiotiques pour élargir la gamme des options thérapeutiques, le renforcement de l’hygiène des mains et d’autres bonnes pratiques de lutte contre les infections peuvent potentiellement mettre un coup d’arrêt à la résistance aux antimicrobiens. La prévention de la propagation et de la transmission des germes permet d’éviter les infections, les contraintes thérapeutiques qui vont de pair et les souffrances des patients », explique le Dr Edward Kelley, Directeur de Prestations de services et sécurité, Département de l’OMS.

  • facebook
  • googleplus
  • twitter