Deux filles Distilbène attaquent un labo en justice

Sylvie et Barbara subissent encore aujourd’hui les conséquences de la prise de Distilbène par leurs mères durant leurs grossesses. Les deux jeunes femmes ont décidé d’attaquer le laboratoire UCB Pharma qui commercialisait le médicament, aujourd’hui interdit. La justice doit rendre son verdict aujourd’hui.

Après deux grossesses pathologiques, Sylvie Le Cossec, 45 ans, a du subir une ablation de l’utérus. Elle est aujourd’hui la maman de Julien, 15 ans, polyhandicapé, souffrant de graves lésions neurologiques et du système moteur. Si les pathologies de la jeune femme sont indéniablement liées à la prise de Distilbène de sa mère pendant sa grossesse, celles dont souffre son fils sont encore à relier. De son côté, Barbara Régent n’a jamais connu les joies de la maternité, le Distilbène pris par sa mère durant la grossesse l’ayant rendue stérile.

Les deux femmes ont donc décidé d’attaquer le laboratoire UCB Pharma qui a commercialisé le médicament désormais interdit depuis 1977. Et, depuis un arrêt de la Cour de cassation de septembre 2009, la charge de la preuve a été inversée et c’est au laboratoire attaqué de démontrer que son produit n’est pas en cause dans les pathologies auxquelles on le relie.

Pour l’avocat du labo, Me Ivan Terel la responsabilité du laboratoire “doit s’apprécier au regard des connaissances de l’époque“. Selon lui, dans les années 60, lorsque l’on a prescrit le Distilbène aux mères des deux jeunes filles, personne n’avait alors conscience de sa nocivité. Il était prescrit pour lutter contre les risques de fausses couches et de prématurité.

Pourtant en mars 2006, la Cour de cassation avait déjà estimé que le laboratoire UCB Pharma avait “manqué à son obligation de vigilance“, et que des doutes “existaient avant 1971 et dès les années 1953-1954“, sur la nocivité du produit.

Le tribunal de Nanterre devant lequel est portée l’affaire doit rendre son verdict aujourd’hui.

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