Des médicaments contre le rhume mais dangereux pour le coeur

Alors que le froid arrive sur la France, beaucoup de nez vont se mettre à couler, rien de plus normal. Mais tandis que le rhume est sans danger pour toute personne normalement constituée, il n’en est pas de même pour certains médicaments anti-rhume contenant des vasoconstricteurs. C’est le constat réalisé par le Dr Bondon-Guitton qui publie ses conclusions dans un bulletin d’information de Pharmacologie sur le site Bip31.fr.

Le service de Pharmacovigilance du CHU de Toulouse, dirigé par le Pr Monstatruc vient de publier dans son dernier bulletin d’information une mise en garde contre certains médicaments contre le rhume, et notamment ceux contenant des vasoconstricteurs. Ils présenteraient un danger pour la santé, certes rare mais qui peut se révéler très grave.

Certains médicaments vendus en pharmacie sans ordonnance, et utilisés par voie orale contiennent en effet de la pseudoéphédrine : Actifed Rhume, Nurofen Rhume, Dolirhume, Humex Rhume,… Or, cette molécule à l’effet vasoconstricteur peut dans certains cas, augmenter le risque d’infarctus du myocarde et d’accident vasculaire cérébral. Pour l’auteur du bulletin, le Dr Emmanuelle Bondon-Guitton, “il faut éviter ces médicaments dont le risque est inacceptable au vu de la pathologie et préconiser plutôt l’utilisation du sérum physiologique“. Elle invite alors les autorités sanitaires, qui avaient déjà interdit les vasoconstricteurs à base de phénylpropanolamine, à se pencher sur les effets de la pseudoéphédrine.

Des effets peu accepatables

Dans l’attente, le Dr Bodon-Guitton recommande donc aux personnes enrhumées d’éviter ce type de produits, et plus particulièrement les personnes hypertendues ou ayant des antécédents cardio-vasculaires. “Les effets indésirables sont bien décrits avec ces médicaments, le plus souvent avec les formes orales: angine de poitrine, infarctus, poussées hypertensives, convulsions, accident vasculaire cérébral. Ils sont rares, voire très rares (un cas pour un million), mais graves le plus souvent“, précise-t-elle dans le bulletin, “des effets peu acceptables du fait de l’aspect bénin de la pathologie traitée“.

 

 

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