Prothèses PIP : Jean-Claude Mas reconnait et assume la fraude

Interrogé par les gendarmes en octobre dernier, Jean-Claude Mas, fondateur de la société PIP, aurait reconnu avoir produit un gel de silicone non homologué, mais nié tout risque pour les santé des femmes qui portent ses prothèses. Quant aux plaignantes, elles ne feraient ça “que pour le fric“.

L’AFP a rendu public hier, le procès verbal de garde à vue de Jean-Claude Mas, le fondateur de PIP, société mis en cause pour avoir commercialisé des prothèses mammaires défectueuses. “Je savais que le gel n’était pas homologué, mais je l’ai sciemment fait car le gel PIP était moins cher (…) et de bien meilleure qualité“, confiait-il sans regret aux gendarmes qui l’ont interrogé.

La fraude mise en place par Jean-Claude Mas aurait débuté dès 2001, année où le gel de silicone est de nouveau autorisé dans les prothèses mammaires. Thierry Brinon, directeur technique chez PIP en 2006 explique alors à l’AFP qu’à l’époque, le gel utilisé pour remplir les prothèses PIP était un gel “maison” et non le gel américain Nusil comme déclaré à l’organisme certificateur allemand TÜV. Seuls 25% des prothèses étaient bien remplies de gel Nusil. L’objectif était bien évidemment économique. Le gel PIP revenait à 5 euros le litre contre 35 pour le gel Nusil, soit un gain de 10 euros par prothèse. Le calcul est alors vite fait, pour une production de 100.000 prothèses par an, le gain est d’un million d’euros.

“Des personnes fragiles  ou qui font ça pour le fric”

Jean-Claude Mas explique également comment une telle fraude a pu être possible. “TÜV annonce sa visite dix jours avant… C’était de la routine, je donne l’ordre de dissimuler tous les documents ayant trait au gel PIP non homologué, et concernant les containers, les employés se débrouillaient pour les faire disparaître”, confie-t-il aux enquêteurs.

Le fondateur de PIP, qui juge toujours que ses prothèses  ne présentaient “aucun danger pour la santé” , se montre encore plus cynique lorsqu’il qualifie les plaignantes victimes d’une rupture de leurs prothèses, de “personnes fragiles ou qui font ça pour le fric“.

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