Gaz de schiste : NKM et Eric Besson bottent en touche

  • par Pierre Robert
  • 07/02/2011
  • Energie
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Confrontés à la polémique sur le gaz de schiste, Nathalie Koscuisko–Morizet et Eric Besson ouvrent le parapluie. Ils ont annoncé vendredi la suspension provisoire jusqu’en juin des explorations, et le lancement d’une mission conjointe du Conseil général de l’industrie, de l’énergie et des technologies (CGIET) et du conseil général de l’environnement et du développement durable (CGEDD) afin d’ « éclairer le gouvernement sur les enjeux économiques, sociaux et environnementaux des hydrocarbures de roche-mère (gaz et huiles de schiste) ».

C’est bien connu en France, à chaque fois qu’une polémique surgit, on crée une commission. Le gouvernement n’a pas dérogé à la règle une nouvelle fois avec l’opposition de plusieurs associations environnementales comme France Nature Environnement qui ont dénoncé les risques environnementaux liés aux procédés d’extraction du gaz de schiste et alerté l’opinion publique sur les récents permis de forages accordés en France notamment à Total et GDF Suez.

Le « gaz de schiste » et l’« huile de schiste » sont des hydrocarbures contenus dans des roches sédimentaires argileuses, situées entre 1 et 3 kilomètres de profondeur, qui sont à la fois compactes et très peu perméables. Il s’agit de gisements “non conventionnels” car piégés dans la roche et ne pouvant pas être exploités de la même manière que ceux contenus dans des roches plus perméables. L’exploitation nécessite le plus souvent des forages horizontaux et une fracturation hydraulique des roches profondes précise les pouvoirs publics.

3 permis de forage dans le Sud

En réponse aux interrogations environnementales actuelles, les ministères de l’Ecologie et de l’Energie rappelle que la France dispose aujourd’hui d’une soixantaine de gisements pétroliers et gaziers. Leur production représente 1 à 2 % de la consommation nationale. Cette part a tendance à décroître. Afin de réduire notre dépendance énergétique et autant que possible notre facture pétrolière et gazière (plus de 9 milliards d’euros d’importations en 2009), les pouvoirs publics accordent régulièrement des permis de recherche d’hydrocarbures souligne NKM et Eric Besson.

Actuellement, trois permis de recherche sur le gaz de schiste ont été accordés par arrêtés datés du 1er mars 2010 sur une surface totale de 9 672 km2. Ces permis ont été délivrés aux compagnies Schuepbach Energy LLC d’une part (permis de Villeneuve de Berg et permis de Nant), Total E&P France et Devon Energie Montélimar SAS d’autre part (permis de Montélimar). Ils concernent les départements de l’Ardèche, la Drôme, le Vaucluse, le Gard, l’Hérault, l’Aveyron et la Lozère.

Les ministères concernés soulignent qu’en la matière, il s’agit de permis de recherche, dont l’objectif est donc d’acquérir une meilleure connaissance géologique du sous-sol et d’évaluer l’existence d’un gisement et de son potentiel éventuel en tenant compte de la nécessité de respecter l’environnement. Jouant la transparence, le gouvernement rappellent que ces permis font tous l’objet d’une information publique sur les permis de forage.

Pas comme aux USA

La mission examinera également la situation des huiles de schiste pour lesquels des travaux d’exploration sont prévus dans l’Aisne, dans la Marne et en Seine-et-Marne. Les ministres précisent qu’ils réuniront prochainement les entreprises disposant d’un permis de recherche afin d’examiner avec eux les calendriers industriels et leurs compatibilités avec les travaux de la mission CGIET-CGEDD.

«  Le sujet a été insuffisamment exploré au moment où ces permis ont été attribués. Je rappelle qu’il ne s’agit aujourd’hui que d’exploration, pas d’exploitation » a récemment reconnu NKM. Prudente sur cette question sensible, la ministère de l’Ecologie a précisé que « l’exploitation n’est cependant pas autorisée, rien ne nous y oblige, et si on ne veut pas l’autoriser, on ne le fera pas ». « Il n’est pas question d’exploiter les gaz de schiste comme aux Etats-Unis » où les pratiques d’exploitation nourrissent la polémique, a averti Nathalie Koscuisko–Morizet.

En pointe contre cette énergie considérée comme polluante et dangereuse, France Nature Environnement se réjouit de la suspension jusqu’à juin des travaux d’exploration pour les gaz de schiste autorisés il y a quelques mois. La fédération s’inquiète toutefois que les huiles non-conventionnelles ne soient apparemment pas concernées et demande qu’un débat public soit organisé au plus vite. Pour FNE, le problème ne concerne pas seulement les gaz de schiste mais également les huiles de schiste, extraites du sous-sol par la même technique dévastatrice utilisée pour les gaz de schiste, à savoir le forage horizontal combiné à la fracturation hydraulique de la roche.

Voir la vidéo sur la pollution au gaz de schiste de l’eau potable :

 

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