Israel, la terre promise de la voiture électrique

better_place_renault.JPGSans faire trop de bruit, Renault-Nissan s’est engagé en début d’année dans l’aventure de la voiture électrique avec un partenaire original et révolutionnaire. Better Place, son associé israélien, souhaite en effet s’inspirer du développement du téléphone portable pour inonder le marché de voitures électriques.

Pour la première fois dans l’histoire, ce projet semble bénéficier de toutes les conditions indispensables au succès d’une commercialisation à grande échelle de véhicules électriques. Et tout d’abord un environnement politique et géographique très favorable.

Le gouvernement israélien a décidé en effet d’accompagner fortement ce projet qui correspond à une politique globale engagée en direction des énergies renouvelables. Il proposera divers dispositifs incitatifs pour favoriser le développement du projet. Shimon Peres a même servi de “go between” pour que Carlos Ghosn, patron de Renault-Nissan et Shai Agassi, fondateur génial du projet Better Place se rencontrent et scellent définitivement leur partenariat.

Israël, test grandeur nature

De plus, le marché israélien se révèle un premier test grandeur nature idéal. Israel compte 90 % des automobilistes parcourant moins de 70 kilomètres par jour, avec des distances moyennes entre les principaux centres urbains ne dépassant jamais 150 kilomètres. Le pays semble particulièrement adapté au modèle électrique.

Concrètement, le gouvernement israélien aidera les clients par le biais d’incitations fiscales, Renault fournira les véhicules électriques et Project Better Place construira un réseau électrique de recharge des batteries sur l’ensemble du territoire national. Les véhicules électriques devraient être mis sur le marché au plus tard en 2011.

Modèle économique original

Mais plus que le partenariat, c’est le modèle économique qui semble révolutionnaire. Car pour la première fois, le projet dissocie le véhicule de la batterie. S’inspirant du secteur des télécoms, Better Place a imaginé un modèle dans lequel les consommateurs achèteront leur véhicule électrique d’une part et souscriront un abonnement pour son alimentation en énergie d’autre part.

Copié sur le développement du téléphone portable, le modèle créé par le fondateur du projet est destiné à promouvoir rapidement la voiture électrique en permettant à une grande majorité de clients d’y avoir accès. Shai Agassi prévoit ainsi grâce à cette astuce la possibilité de commercialiser une Renault Mégane 100% électrique moins cher que sa cousine classique, moyennant la signature avec Better Place d’une contrat de recharge garantissant un kilométrage mensuel.

500.000 bornes

Et tout est prévu, puisque selon son créateur à la fois génial et un peu fou, au regard des prix actuels à la pompe, le forfait prévu devrait couter moins cher que l’usage actuel d’un véhicule à essence. Implantée en Californie, Better Place a déjà planifié la construction d’un vaste réseau de bornes de recharge des batteries. A titre d’exemple, uniquement pour Israël, le projet prévoit 500.000 bornes. Un système informatique embarqué signalera au conducteur la quantité d’électricité disponible et la borne la plus proche.

De son côté, Nissan, avec une filiale commune avec NEC, a conçu une batterie répondant aux besoins du véhicule électrique et assurera sa fabrication à grande échelle. Renault est en train de développer des « batteries échangeables » pour assurer une mobilité permanente. Les premiers tests grandeur nature devrait débuter courant 2008.

> Pour en savoir + : www.projectbetterplace.com

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