OGM : débats houleux à l’Assemblée

Jean_Francois_Le_Grand.JPGAu deuxième jour des débats autour du projet de loi OGM à l’Assemblée, le sénateur UMP Jean-François Legrand, rapporteur du projet au Sénat, a semé la discorde au sein de sa majorité en tenant des propos mettant en cause l’impartialité des parlementaires sur le sujet.

Dans un entretien accordé mardi au quotidien “Le Monde” le sénateur Legrand a remis en cause l’impartialité des parlementaires concernant le sujet des OGM. “Certains ont fait main basse sur l’UMP afin de défendre des intérêts mercantiles (…) La force de frappe de Monsanto et des autres semenciers est phénoménale“.

Il rejoint donc les propos exprimés précédemment par le député UMP de la Moselle François Grosdidier qui lui aussi a tenu à dénoncer certaines pression subies par les députés. Il précisait hier dans le JDD.fr qu’il y a “des pressions exercées à la base par les organisations syndicales comme la CGT ou la FNSEA pour que les députés ne s’opposent pas à la loi“.

Protestation solennelle

Hier, le bureau de l’Assemblée nationale a donc élevé une “protestation solennelle” auprès du président du Sénat Christian Poncelet contre ces propos qu’il considère “accusateurs et choquants”.” De tels propos ne peuvent qu’alimenter l’anti-parlementarisme”. La décision a d’ailleurs été prise “à l’unanimité de ses membres, tous groupes politiques confondus“.

De vives réactions se sont par ailleurs faites entendre dans les rangs de l’Assemblée. Le député UMP de Paris, Bernard Debré condamne fermement les propos du sénateur. “A l’en croire, nous serions tous stipendiés par les grands groupes céréaliers pour voter ce texte. Or ce sont les anti-OGM qui nous ont littéralement matraqués à coups de lettres, de menaces, de manifestations.”

Le ton est ensuite monté après l’intervention d’Arnaud Montebourg annonçant que “le groupe socialiste affirme sa solidarité à l’égard de Jean-François Legrand et la liberté avec laquelle il s’est exprimé“.

Vote mardi prochain

Quant à Jean-Louis Borloo, il reste fidèle à la version initiale du projet de loi. Il confie à “Libération” que “Nathalie Kosciusko-Morizet et moi, on préférait le texte initial à celui qui a été un peu amendé“. Le projet de loi OGM fera l’objet d’un vote d’un vote solennel mardi prochain.

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