Des salariés en colère menacent de polluer la Meuse

La_Meuse.JPGPlusieurs dizaine de salariés de l’usine chimique Lenoir-et-Mernier de Bogny-sur-Meuse dans les Ardennes menacés de perdre leur emploi s’annoncent prêts à déverser de l’acide chlorhydrique dans la Meuse s’ils ne trouvent pas d’accord avec leur direction.

L’usine Lenoir-et-Mernier qui fabrique des boulons pour l’industrie, est en liquidation judiciaire depuis le 7 février dernier, et ses salariés redoutent de ne pas pouvoir retrouver un emploi dans ce secteur en crise. Après cinq semaines d’actions et de discussions infructueuses, ils décident désormais de passer à l’offensive et menace de déverser une cuve de 500 litres d’acide chlorhydrique dans la Meuse si aucune solution n’est trouvée pour l’avenir de leur société.

Alors que les relais s’organisent afin d’occuper en permanence les locaux de l’usine FAV-LCAB, filiale de Lenoir-et-Mernier, Claude Choquet, le délégué syndical CFDT confiait hier au micro de LCI qu’il a bien du mal à “maîtriser ceux qui sont prêts à aller jusqu’au bout. Si je ne les avais pas retenus, les produits auraient été versés depuis hier dans la Meuse. Le site que nous occupons est assez sensible, avec notamment 8.000 litres d’acide utilisé pour décaper les produits lors de la galvanisation. Et nous avons laissé une journée à la préfecture pour nous répondre: si rien ne vient d’ici ce soir, je ne retiens plus personne. Il y a déjà une cuve de 500 litres d’acide qui est prête au dessus d’une bouche d’égout“, égout qui communique directement avec la Meuse.

Alors que deux repreneurs partiels pourraient sauver une quarantaine d’emplois sur les 130 que comptent l’entreprise, les ouvriers réclamaient 50.000 euros, ambitions réduites depuis à un euro symbolique, au nom du “préjudice moral” subi en raison de la mauvaise gestion d’un patron qu’ils qualifient de “petit voyou”.”Nous sommes descendus jusqu’à un euro symbolique comme reconnaissance du préjudice moral subi, assure Claude Choquet. Même cela nous a été refusé. Nous avons demandé à l’UIMM, dont Philippe Jarlot (le PDG ) était membre, de condamner au moins symboliquement ses malversations: l’UIMM a refusé“. Ils demandent également l’intervention d’un médiateur.

Un dernier ultimatum fixé par les salariés de Lenoir-et-Mernier expire aujourd’hui dans l’après-midi.

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