Hormone de croissance : “une faute professionnelle grave”

justice_02.jpgVendredi, le Pr Paul Cohen a expliqué au tribunal correctionnel de Paris dans quelles conditions l’hormone de croissance était fabriquée par l’Unité de radio-immunologie analytique (URIA), un laboratoire de l’institut Pasteur.

Je me suis rendu compte, à l’examen des protocoles expérimentaux, (…) que cette procédure générique n’était pas susceptible de fournir un produit satisfaisant“, a déclaré le Pr Paul Cohen au tribunal. Selon l’expert, il y a eu “une faute professionnelle grave, insensée, inacceptable“, a reporté l’Associated Press.

L’enquête a montré que ces prélèvements d’hypophyses, des glandes crâniennes prélevées sur des cadavres et utilisées dans la fabrication de l’hormone de croissance, étaient le plus souvent réalisés sans aucune règle d’hygiène par de simples garçons d’amphithéâtre qui ne tenaient pas compte des antécédents médicaux des cadavres.

Jusqu’en 1988, l’hormone de croissance d’origine humaine été injectée à des enfants souffrant d’un retard de croissance. En France, plus de 100 enfants sont décédés de la maladie de Creutzfeldt-Jakob (MCJ) après avoir été traités avec des glandes infectées et trois patients souffrent aujourd’hui de cette maladie incurable. Depuis 1988, l’hormone de croissance d’origine humaine est remplacée par une hormone de synthèse.

Des spécialistes auraient dûs donner leur avis

Pour le Pr Cohen, “il eut été souhaitable que l’institution prestigieuse (l’institut Pasteur) mette à disposition (de l’Uria, l’unité chargée d’extraire et de purifier l’hormone de croissance) des locaux décents et un personnel étoffé“.

Selon l’expert, l’institut Pasteur aurait également dû “fournir une palette de scientifiques et de spécialistes extérieurs à l’institution qui, une fois par an, auraient été amenés à donner leur avis“. “Ces avis sont précieux. Si un panel pareil avait été mis en place, il n’aurait pas laissé certaines pratiques” se poursuivre, a-t-il continué.

Dans ce procès qui s’est ouvert le 6 février et qui devrait durer jusqu’à la fin du mois de mai, plusieurs familles de victimes et organismes se sont constituées partie civile. Sur le banc des prévenus, sept médecins et scientifiques sont poursuivis pour “tromperie aggravée, homicides et blessures involontaires“.

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