Les effets du sel sur la santé devant la justice

sel.jpegHier, un chercheur de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) comparaissait devant le Tribunal de Grande Instance (TGI) de Paris pour diffamation. Plusieurs producteurs de sel lui reproche d’avoir dénoncé les excès de sel dans l’alimentation et de les avoir accusés de désinformation.

En 2006, Pierre Meneton, chercheur à l’Inserm, avait déclaré dans une interview accordée à la revue TOC que “le lobby des producteurs de sel et du secteur agroalimentaire était très puissant” et “désinformait les professionnels de la santé et les médias“. Selon l’AFP, l’article intitulé “Scandale alimentaire : sel, le vice caché“, était accompagné d’une boîte de sel portant la mention “le sel tue“.

Hier, dans une interview accordée à RTL, Pierre Meneton a déclaré que la “surconsommation de sel se fait à l’insu” des Français. Ces derniers consomment plus de 8g de sel par jour alors que l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) considère qu’une consommation de 4g de sel par jour est suffisante pour combler les besoins d’un adulte. Cette surconsommation augmente le risque de faire de l’hypertension artérielle et de développer des maladies cardiovasculaires.

3e poursuites judiciaires

Le chercheur ne s’est pas dit “étonné” que le Comité des salines de France (CSF) le poursuive en justice. En effet, les producteurs de sel ont “poursuivi l’équivalent américain de l’Inserm” en 2003 et des poursuites similaires ont eu lieu en Grande-Bretagne en 2005. Pierre Meneton a rappelé que dans ces deux cas “ils ont perdu“.

Moi-même, j’ai subi cette désinformation de plein fouet“, a déclaré à l’AFP Christophe Labbé, journaliste au Point qui a enquêté sur ces questions et qui soutient le scientifique. Selon lui, “cela fait plus de 20 ans qu’un lobby du sel fait de la désinformation sur le lien entre l’excès de sel et les effets délétères sur la santé (…) alors que des dizaines de publications scientifiques disent le contraire“.

80% du sel est “caché”

Selon lui, “80% du sel que l’on consomme est du sel caché, préincorporé dans les aliments“, notamment “pour rehausser le goût de plats élaborés à partir d’ingrédients bas de gamme“.

Il y a du sel dans un certain nombre de préparations alimentaires (…) en raison d’un certain nombre de mécanismes physico-chimiques” mais “la saveur salée n’est pas une saveur que l’on peut cacher“, s’est défendu Bernard Moinier, ancien délégué général du CSF. “Il n’y a pas de résultat utilisable pour justifier d’une politique de réduction sodée à l’échelle de toute la population“.

Le tribunal devait mettre son jugement en délibéré.

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