« Rien ne se perd, tout se transforme », aurait dit le célèbre chimiste et philosophe français Antoine Lavoisier. Un aphorisme qui, deux siècles après avoir été prononcé par son auteur, est toujours d’actualité… dans nos forêts, où l’économie circulaire demeure un pilier de la filière bois. Ainsi en France, le bois d’œuvre (destiné à la construction de bâtiments, le mobilier…) représente 36% de la production totale de bois, le bois industrie (pour la fabrication de papiers et cartons) 18%, et le bois énergie, coproduit de la filière forestière ou des résidus de scierie, 46%.2
Le bois, un allié pour décarboner le secteur de la construction
Les arbres qui composent une forêt ont une fonction cruciale : ils captent et stockent, via la photosynthèse, le dioxyde de carbone (CO2) contenu dans l’atmosphère. Ainsi, la production d’un mètre cube de bois permet de capter et séquestrer environ une tonne de CO2. Le bois joue donc un rôle fondamental dans l’atténuation du changement climatique et c’est pourquoi il intéresse tout particulièrement le secteur de la construction et du bâtiment, qui demeure l’une des filières les plus émettrices de gaz à effet de serre (GES).
Le secteur du BTP représente en effet à lui seul près d’un quart (23%) des émissions françaises de GES. Intégrer le bois dans la construction permet ainsi de prolonger le stockage du carbone pendant toute la durée de vie du bâtiment en bois. Le bois-construction complète aussi, sur les chantiers, certains matériaux comme le béton et l’acier dont la production génère de nombreuses externalités négatives (pollution, consommation d’eau, etc.).
Le bois français pour une filière construction résiliente
En France, les forêts sont gérées durablement et soumises au Code forestier. L’usage du bois français destiné à la construction est donc un gage de respect de l’environnement.
Les labels PEFC et FSC garantissent l’origine responsable de bois issu d’une gestion durable des forêts ou du recyclage, ainsi que sa traçabilité tout au long de la chaîne de commercialisation. Ressource par essence locale, le bois permet par ailleurs de valoriser la production de nos territoires, en favorisant les circuits courts, moins émetteurs de CO2.
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, le bois est déjà bien ancré dans notre paysage bâti, y compris lorsqu’il n’apparaît pas à l’œil nu. Présent dans les planchers, les charpentes, les façades ou les isolants, il se cache souvent derrière le béton ou le verre, tout en jouant un rôle essentiel dans la structure et la performance énergétique des bâtiments. Son usage ne se limite donc pas aux chalets ou aux maisons individuelles : le bois s’invite dans les immeubles de bureaux, les équipements publics et les grands projets urbains, où il permet de concilier esthétique, confort et empreinte carbone réduite.
Le bois, star des JO de Paris
Symbole de cette montée en puissance du bois dans les grands projets urbains, les Jeux olympiques (JO) de Paris 2024 ont constitué une vitrine exceptionnelle pour la filière forêt-bois. Avec l’objectif d’atteindre un bilan carbone deux fois moindre que les précédentes olympiades, la construction des sites a mobilisé 30 000 m³ de bois, 100 % certifiés gestion durable, dont 45 % issus de forêts françaises, soit l’équivalent de 30 000 tonnes de CO₂ stockées. Au total, 15 ouvrages olympiques et paralympiques, en plus du village des athlètes, ont fait appel à ce matériau renouvelable.
Ainsi, plusieurs réalisations emblématiques auront marqué les esprits : le village des athlètes, avec ses 200 000 m² de façades en bois et ses 80 000 m² de structures bois ; le centre aquatique et ses plus de 90 poutres monumentales ; la passerelle de 140 mètres de long au-dessus de l’A1 ; ou encore le centre des médias et son plancher de 20 000 m², 100 % en bois.
Pour Marie Jorio, coordinatrice de France Bois 2024, l’organisation a été créée afin de valoriser la filière forêt-bois lors de cet événement historique, pour « réaliser les premiers Jeux olympiques à faible impact carbone, le bois (était) une évidence : il est renouvelable, peu énergivore dans sa mise en œuvre et il stocke du carbone dans le cadre d’une gestion forestière durable »3. Ce qui fait dire à Georges-Henri Florentin, président de France Bois 2024, que les JO 2024 ont été « un vrai laboratoire pour montrer qu’on peut réaliser tous les types de bâtiments avec le matériau bois ».
Sources :
1 Une étude décrypte les bienfaits des bâtiments en bois sur le bien-être, lecommercedubois.org
2 Construction et performance environnementale du bâtiment, ecologie.gouv.fr
3 JO de Paris 2024 : le bois sur le podium, franceboisforet.fr







Je suis sceptique sur la durabilité du bois dans les grands projets urbains… Quelqu’un aurait des chiffres à partager ?
Les JO de Paris 2024, une vitrine pour le bois ? C’est génial !
Le bois, c’est beau, mais est-ce que ça résiste bien aux incendies ? 🤔
Merci pour cet article très instructif sur l’utilisation du bois ! J’ai appris beaucoup de choses.
Le bois dans la construction, c’est un peu comme le retour des pantalons à pattes d’éléphant, non ? 😉