Une femme atteinte d’hépatite C porte plainte après un traitement au Victrelis

Une femme malade de l’hépatite C a déposé aujourd’hui deux plaintes contre X, après que sa trithérapie comprenant un nouveau médicament, le Victrelis, aurait conduit à une dégradation de son état de santé. Elle reproche notamment le manque de transparence qui entoure ce médicament.

Sophie Linon-Chipon, 52 ans, souffre d’une hépatite C contractée lors d’une transfusion sanguine. Mais, malheureusement pour elle, elle fait partie d’une catégorie que l’on appelle les “répondeurs nuls”, c’est à dire une partie de la population infectée qui ne répond pas aux traitements habituels. C’est pourquoi les médecins lui prescrivent en novembre 2012 une trithérapie comprenant un nouveau médicament, le Victrelis,  lui annonçant un taux de réussite de 60%.

Des effets épouvantables

Or, même si l’on avait prévenu la malade que ce traitement qui dure 48 semaines pouvait avoir des effets secondaires, Sophie Linon-Chipon évoque de son côté des effets “épouvantables” : nervosité, insomnies, tachycardie mais surtout des taux de globules blancs et de plaquettes qui s’effondrent. “J’ai progressivement perdu mon énergie, alors que je suis sportive, toujours en mouvement. Je suis restée couchée, sans pouvoir parler, sans pouvoir regarder la lumière. Je ne faisais plus rien, une loque totale, avec des douleurs musculaires et squelettiques partout, surtout à la tête, au cou et aux épaules“, décrit-elle à l’AFP aujourd’hui. Mais au-delà de ces effets secondaires, il s’avère surtout que le traitement reste sans effet sur sa maladie, voire l’empire.

Si j’avais su…

Elle déplore alors que ce médicament qu’on lui a prescrit n’ait jamais été testé sur les patients “répondeurs nuls”, “délibérément exclus des études cliniques d’efficacité et de tolérance” par le laboratoire MSD,  filiale de l’américain Merck. Or, la notice ne précise pas cette exclusion. “On m’aurait dit la vérité, que ça n’avait pas été testé sur des gens comme moi, je n’aurais pas fait le traitement“, assure la quinquagénaire. “Je ne sais pas qui est fautif dans cette histoire, les médecins, le laboratoire, les agences du médicament mais il y a eu des erreurs commises et ce traitement, je n’aurais jamais dû le prendre“, conclut-elle.

C’est pourquoi Sophie Linon-Chipon a déposé aujourd’hui deux plaintes contre X à Paris pour blessures volontaires et tromperie aggravée. Ces plaintes visent  Merck mais aussi les agences du médicament française et européenne.

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