L’ecstasy aussi dangereuse pour le coeur que le Mediator

Tout comme le Mediator, l’ecstasy serait à l’origine d’altérations graves des valves cardiaques. C’est ce que révèlent  aujourd’hui des cardiologues du CHU de Toulouse confrontés à plusieurs cas.

Le Mediator est désormais connu pour provoquer chez certains patients, une altération grave des valves cardiaques. Selon l’article publié dans le British Journal of Clinical Pharmacology par des cardiologues du CHU de Toulouse, en collaboration avec l’équipe d’addictovigilance, l’ecstasy, drogue très répandue chez les jeunes, réputée pour être festive, provoquerait les mêmes effets que le Mediator sur les valves du coeur.

On connaissait les effets neurologiques de l’ecstasy, mais c’est la première fois que des médecins évoquent d’éventuelles pathologies cardiaques après la prise de ce type de cachets illicites. L’altération d’une valve mitrale, identique à celle constatée chez des consommateurs de Mediator, a été constatée chez un jeune homme de 33 ans, consommateur régulier d’ecstasy.  Ce constat a ensuite été confirmé par un examen plus poussé des prélèvements réalisés sur le jeune homme. « Les lésions étaient typiques de celles provoquées par le Mediator et de manière générale par les médicaments de la famille des fenfluramines » explique le Figaro aujourd’hui, reprenant les propos du Pr Patrick Bruneval, expert en anatomopathologie.

Confirmation

« C’est la première observation clinique d’un lien entre valvulopathie et ecstasy« , assure dans le Figaro, le Pr Jean-Louis Montastruc du centre de pharmacovigilance de Toulouse. « Des données expérimentales ont déjà mis en évidence que l’ecstasy pouvait induire des anomalies cardiaques. En Belgique, il y a quelques années, un médecin avait suggéré, après avoir réalisé des échographies cardiaques systématiques chez des toxicomanes, un risque accru de valvulopathie, sans être certain de l’association. C’est la première démonstration totale du lien entre ecstasy et valvulopathie« .

L’ecstasy agirait  donc de la même façon que le Mediator ou les fenfluramines sur le coeur de ses consommateurs, via le même récepteur sérotoninergique. Des chercheurs avaient déjà mis en évidence des risques neurologiques à long terme liés à la prise d’ecstasy. Avec ce nouveau constat, il convient d’autant plus de sensibiliser les jeunes aux dangers de cette drogue, consommée par près de 4% des 24-35 ans en France.

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