Sûreté nucléaire : pas d’arrêt de centrale mais une facture salée

Mandatée par le gouvernement pour auditer la sûreté nucléaire française au lendemain de la catastrophe japonaise de Fukushima, l’Autorité de sûreté nucléaire vient de publier un rapport globalement rassurant des 19 centrales françaises en activité. Si la sûreté est jugée “suffisante” pour n’imposer aucune fermeture, de très lourds investissements sont demandés aux exploitants pour renforcer la robustesse de leurs sites.

Fukushima a marqué les esprits au point de remettre en cause les fondements même de la stratégie nucléaire française, qui paraissait jusque là immuable. Suite à la catastrophe japonaise, le gouvernement avait mandaté l’ASN pour réaliser un audit complet de la sûreté des 58 réacteurs français. Et la facture s’annonce salée.

L’Autorité, qui a rendu son rapport hier au Premier ministre, se montre plutôt positive s’agissant de la sûreté des centrales françaises, jugée “suffisante“. “A l’issue des évaluations complémentaires de sûreté des installations nucléaires prioritaires, l’ASN considère que les installations examinées présentent un niveau de sûreté suffisant pour qu’elle ne demande l’arrêt immédiat d’aucune d’entre elles”, pas même celle de Fessenheim, la plus vieille de nos centrales.

10 milliards selon EDF

L’ASN préconise néanmoins un renforcement rapide et massif des investissements, et ce, dans le but d’augmenter “dans les meilleurs délais“, la robustesse des installations, afin qu’elles puissent résister à des situations extrêmes comme celle rencontrée par la centrale de Fukushima. L’autorité précisera dans les prochaines semaines la nature précise de ses prescriptions, mais la facture s’annonce très salée, de l’ordre de plusieurs milliards selon André-Claude Lacoste, président de l’ASN, autour de 10 milliards selon Henri Proglio, président d’EDF.

Les autorités compétentes doivent également se pencher sur le processus de gestion de crise. Dans cette optique, l’ASN donne aux exploitants, EDF, Areva, ou encore le CEA,  jusqu’au 30 juin 2012 pour mettre en place un “noyau dur” de dispositions matérielles et organisationnelles, destiné à assurer les fonctions fondamentales de sûreté lors d’une situation extrême. Selon le rapport, il s’agit ainsi de “prévenir un accident grave ou en limiter la progression”, de “limiter les rejets massifs dans un scénario d’accident” et de “permettre à l’exploitant d’assurer les missions qui lui incombent dans la gestion d’une crise“.

Enfin, l’ASN préconise également la création d’une “force spéciale rapide nucléaire“. Proposé par EDF, ce dispositif national d’urgence rassemblera des équipes spécialisées et des équipements permettant d’intervenir dans les 24 heures sur un site en difficulté.

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