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Produits chimiques : le constat alarmant de médecins américains

Des médecins américains soupçonnent les produits chimiques omniprésents dans notre environnement quotidien, d’être à l’origine de troubles graves de santé tels que la puberté précoce ou l’infertilité. Ils demandent d’urgence au gouvernement une modification de la législation sur ces produits.

A l’occasion d’une conférence de presse donnée la semaine dernière, le Dr Linda Giudice, directrice du département d’obstétrique, pédiatrie et techniques reproductives à l’université de Californie de San Francisco, UCSF,  annonçait qu’il “existe de plus en plus de preuves montrant que des polluants présents dans l’environnement jouent un rôle dans les troubles” rencontrés chez ces patients, exemples à l’appui. “J’ai traité des milliers de patients (..) dont des jeunes hommes ayant un taux de spermatozoïdes très en-dessous de la normale ou victimes d’un cancer des testicules, des jeunes filles de 17 ans déjà ménopausées ou de petites filles montrant des signes de puberté à 6 ou 8 ans” explique-t-elle.

Rejointe par des confrères, le Dr Giudice en appelle à la révision de la législation américaine sur les produits chimiques. L’actuelle législation remonte à 1976 avec le Toxic Substances Control Act, ne concerne que cinq produits chimiques et n’a jamais été modifiée depuis 34 ans. Or, la présence de substances chimiques dans l’environnement a été multiplié par 20 depuis 1945. “Aujourd’hui, l’exposition aux polluants est partout présente : l’air, l’eau, la nourriture, les boissons, les cosmétiques ou la parapharmacie, les pesticides, les herbicides et les produits ménagers courants” , ajoute-t-elle.

Des règles dès 7 ans

Tracey Woodruff, la directrice du programme santé reproductive et environnement de l’UCSF, évoque quant à elle les effets des produits retardants, utilisés notamment pour ignifuger les meubles. Elle s’appuie sur une étude publiée en août dernier, réalisée sur plusieurs jeunes filles, et qui constatait qu’une écrasante majorité d’entre elles commençait à développer une poitrine très jeune et avoir leurs premières règles parfois dès l’âge de 7 ans. Or, une part importante de ces jeunes filles présentait un niveau élevé de produits retardants et autres substances chimiques dans leur organisme.

La tache risque toutefois d’être ardue. Pour l’heure, toutes les propositions de lois déposées au Congrès cette année pour remettre au goût du jour la vieille loi TSCA sont demeurées sans suite.

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