OGM : la France contre attaque

Alors que la Commission européenne tente de trouver une issue au blocage du dossier OGM, la France a tapé du poing sur la table vendredi et refusé tout troc sur le sujet. Jean-Louis Borloo préconise des analyses plus approfondies des risques posés par les semences avant autorisation plutôt qu’une multiplication de ces dernières.

La Commission européenne, avec à sa tête José Manuel Barroso, soumise à la pression des industriels, espérait boucler le dossier des OGM en réfléchissant à la possibilité pour les Etats membres d’autoriser ou pas, les cultures d’OGM sur leurs territoires. En contrepartie, la Commission attend plus de facilités pour autoriser les mises en culture demandées par les industriels.

Mais, à l’occasion d’une réunion avec ses homologues européens à Luxembourg, Jean-Louis Borloo s’est exprimé sur cette proposition, douchant par la même les espoirs du président Barroso d’aboutir à la résolution rapide du dossier. “Pas question de troquer la subsidiarité contre l’absolue exigence d’un rehaussement des expertises” expliquait en marge de sa réunion. La France invite plutôt la Commission a donné suite à sa demande de décembre 2008 de “revoir complètement les méthodes d’évaluation qui aboutissent ou non aux autorisations” pour la commercialisation et la culture des OGM. Or selon le projet de proposition réalisé par le commissaire à la Santé, John Dalli, aucun renforcement de ces expertises n’est actuellement prévu.

“On voit bien le piège de la proposition”

Les demandes françaises sont partagées par la présidence espagnole de l’UE. “Tout renforcement est le bienvenu. Il faut améliorer le processus et le faire rapidement“, estime la ministre de l’Environnement et de l’Agriculture espagnole Elena Espinoza. Jan-Louis Borloo a également obtenu le soutien d’une dizaine de partenaires dans ce dossier afin de contraindre la Commission à revoir sa copie. “Nous voulons que les conditions d’autorisation soient musclées. On voit bien le piège de la proposition qui consiste à détendre tout le monde en laissant chacun faire ce qui lui plait pour faire oublier la décision de 2008“, a-t-il confié à l’AFP à l’issue de la réunion.”Les Vingt-Sept se sont mis d’accord à l’unanimité en décembre 2008 sur ce sujet, or la Commission n’a rien fait depuis, elle a même autorisé la culture de la pomme de terre modifiée Amflora. Nous considérons que, en l’état actuel, le système n’est pas suffisamment rassurant“.

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