Copenhague: quand la montagne accouche d’une souris

Après avoir espéré en vain un revirement de dernière minute,  et après avoir joué les prolongations toute la nuit en séance plénière, la montagne de Copenhague n’a accouché que d’une toute petite souris, aucun accord contraignant n’ayant été trouvé à l’issue des débats.

Tout ça pour ça ? Après avoir joué les prolongations, le sommet de Copenhague a finalement fait un flop. Destiné à prendre le relais du protocole de Kyoto, cet évènement mondial n’a abouti qu’à un modeste accord non contraignant et non validé par tous les participants, obtenu à l’arraché entre les Etats-Unis, la Chine et d’autres pays émergents.

Le président de la Conférence a donc pris acte de ce texte de deux pages et demi tout en précisant quels pays l’avaient effectivement validé. Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-Moon, “conscient du fait que ce n’est qu’un début“, sur le chemin d’un véritable traité juridiquement contraignant, estime toutefois que l’accord trouvé “aura un effet immédiat“.

Dans ce document final, les dirigeants prévoient de limiter le réchauffement planétaire à 2 degrés par rapport aux niveaux pré-industriels, l’objectif affiché de la conférence sur le climat. Mais les objectifs de réduction d’émissions de gaz à effet de serre pour les pays industrialisés à l’horizon 2020 ne seront décidés qu’en janvier, selon des diplomates.

Un résultat “affligeant

Ce texte final qui ne fixe donc aucun objectif chiffré pour la réduction des gaz à effet de serre est jugé inacceptable par de nombreux pays comme la Bolivie, le Venezuela ou encore le Soudan qui l’ont dénoncé avec virulence. Il est également vivement critiqué par les écologistes qui dénoncent un résultant “affligeant“. Ainsi, Pascal Husting de Greenpeace France y voit un véritable “désastre” ainsi qu’un “recul” par rapport à Kyoto.

Il n’y a plus aucune référence scientifique, pas de vision à long terme, et il n’y a qu’une série d’annonces de mesures nationales, totalement volontaires et que personne ne contrôlera, et qui ne seront de toutes manières pas à la hauteur des recommandations de la science” déplore-t-il. Quant à Nicolas Hulot, il juge le résultat de ce sommet “affligeant” et “consternant“, estimant que les participants ont  “manqué une occasion historique” pour l’avenir de la planète.

Mais cet accord à minima est avant tout un revers collectif de l’Union européenne et plus particulièrement pour Nicolas Sarkozy. Le président français, et son ministre de l’Ecologie avaient lancé le processus lors de la présidence française de l’union avec l’adoption du “paquet énergie-climat”. Ils avaient ensuite multiplié les déplacements et les rencontres, afin de constituer un front commun UE-Pays pauvres et émergent face à la Chine et aux Etats-Unis.

Faire bonne figure

Pire encore pour le président Français, Barack Obama, dernier arrivé à Copenhague s’est présenté comme le sauveur du sommet. “J’ai travaillé toute la journée avec le Premier ministre éthiopien Meles (…), le Premier ministre chinois Wen, le Premier ministre indien Singh, le président Lula du Brésil et le président Zuma d’Afrique du Sud pour arriver à ce que je crois une importante étape“, se félicitait-il avant de reprendre son avion pour Washington.

Nous payons le prix d’avoir la Chine et les Etats-Unis à bord. Nous ne pouvions pas avoir l’un sans l’autre“, commente l’ambassadeur de France pour le climat, Brice Lalonde. Quant à Nicolas Sarkozy et ses partenaires européens, ils se sont efforcés de faire bonne figure en présentant ce compromis comme un accord certes imparfait mais positif. “Si on veut être efficace, il faut emmener tout le monde et (…) il faut accepter de faire des compromis“, a expliqué le président français, tandis que ses conseillers, le ministre de l’Environnement Jean-Louis Borloo et la secrétaire d’Etat à l’Ecologie Chantal Jouanno faisaient plutôt grise mine.

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