Pétrole, quand Total publie ses prédictions

petrole_01.jpgDe nombreuses entreprises et organisations comme le groupe Total et l’agence internationale de l’énergie (AIE) se livrent à des prédictions sur l’évolution des hydrocarbures. En ce qui concerne la production mondiale, Total imagine 100 millions de barils par jour comme un maximum. Plus optimiste, l’AIE estime entre 103 et 116 millions de barils par jour en 2030 selon le scénario.

L’avenir est incertain et le deviner est loin d’être une science exacte. Il existe de nombreux facteurs qui évoluent rapidement et parfois aléatoirement. Parmi ces facteurs, certains sont stables. Le premier est le facteur géologique, les différentes réserves de pétrole sont relativement bien connues et souvent exploitées. D’autres causes sont liées à la démographie, là aussi les chiffres sont relativement fiables, sauf évènements majeurs, la population ne devrait cesser d’augmenter avec un niveau de vie et des besoins en pétrole progressant proportionnellement.

Difficiles estimations

Le problème se complique avec les éléments géostratégiques, la production de certains pays étant plus ou moins faussée. C’est le cas au Nigeria, ou du Venezuela où les chiffres annoncés par le pays et ceux relevés par l’AIE différent. Pire, l’Arabie Saoudite bride volontairement sa production à 12,5 millions de barils par jour, mais ce chiffre pourrait changer du jour au lendemain. Enfin, même sans se limiter volontairement, les installations existantes ont une limite physique de production.

Selon Jean-Jacques Mosconi, directeur de la stratégie et de l’intelligence économique de Total, « L’AIE va sans doute bientôt découvrir qu’elle a été trop optimiste, s’agissant notamment du déclin des gisements existants. Au cours du premier trimestre, la production des champs américains “on shore” a, par exemple, baissé de 8 %. » Les experts de l’AIE prépare une actualisation de leur estimation pour cet automne.

Aussi poussées soient-elles, ces prédictions peuvent s’avérer erronées. On se souviendra de la phrase de Thierry Desmaret en novembre 2004 dans le Figaro « sauf évènements majeurs, la probabilité est forte que le prix du baril redescende vers 30 dollars l’an prochain. »

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