Une police de l’eau à Las Vegas

Las_vegas.JPGOn les appelle les “flics de l’eau”. Leur mission : traquer les gaspillages, car à Las Vegas, cette ville au coeur du désert où l’excès est roi, l’eau vient à manquer. Et toutes le solutions sont à l’étude pour remédier au problème.

“Le Monde” en date d’hier revient sur cette nouvelle police mise en place par la ville américaine de Las Vegas, chargée de traquer les fuites et autres gaspillages de l’eau dans les rues de la ville. Car Las Vegas, ville de tous les excès a pris l’habitude de dépenser l’eau sans compter. Tous les gigantesques hôtels et casinos du Strip disposant de leurs fontaines et piscines à remous ne sont pourtant pas sujets à polémique puisque fonctionnant en circuit fermé. C’est l’explosion démographique de la ville, tous ces nouveaux venus qui inquiètent les autorités.

Erigée au coeur du désert du nevada, la ville devrait connaitre d’ici peu une pénurie d’eau. La région ne reçoit en effet que 10 centimètres de pluie par an. Las Vegas ne doit sa naissance qu’à la construction du barrage hydroélectrique d’Hoover sur le fleuve Colorado en 1935, barrage engendrant la création du lac Mead. Or ce dernier est à moitié vide, et si Vegas continue à consommer de l’eau sur le même rythme qu’actuellement, l’une des deux conduites alimentant la ville sera inutilisable dès 2010.

8.000 nouveaux habitants par mois

A l’inverse du niveau de l’eau, la population de Las Vegas continue quant à elle de croitre au rythme de 8.000 nouveaux arrivants par mois. La ville qui comptait 770.000 habitants en 1990 atteint désormais les 2 millions d’habitants.

Patricia Mulroy, la directrice de la Southern Nevada Water Authority (SNWA), dresse le bilan de la situation. Tout d’abord il faut construire une troisième prise au fond du lac Mead. Ensuite, il faut encourager les économies d’eau dans la ville. Elle ne remet pas en cause les hôtels et casinos de la ville qui ne consomment que 3% de l’eau distribuée.Il s’agit de responsabiliser es particuliers, l’usage domestique ponctionnant 70% de l’eau potable de la ville. “Las Vegas est comme une adolescente, elle doit apprendre à vivre avec des contraintes” confie-t-elle au quotidien français.

Des mesures qui tombent à l’eau

La SNWA multiplie alors les mesures incitatives. Ainsi, elle offre 1,5 dollars pour chaque dixième de mètre carré de gazon transformé “en paysage désertique” à savoir couvert de pierres et plantes grasses. Mais cette action est réduite à néant par l’afflux de nouveaux habitants dans la ville.

Seule solution pour Las Vegas, aller chercher de l’eau au coeur du Nevada, à 500km de la ville , dans une nappe aquifère qui si elle est gérée correctement, pourrait alimenter la ville “pour toujours”. Le coût de la construction du pipeline nécessaire à la distribution de cette eau, 3 milliards de dollars, mais l’argent n’est pas un problème pour la ville qui génère près de 70% des revenus du Nevada.

Dans l’attente, les habitants de la ville doivent surveiller de près leur installation. La moindre fuite, traquée par la police de l’eau, peut couter chère. Les multirécidivistes peuvent s’acquitter d’une amende allant jusqu’à 5.000 dollars.

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