L’Ademe soutient le monde agricole

Ademe.JPGL’agriculture est un acteur important de la qualité environnementale du territoire rural, elle occupe en effet 55% du territoire national, auxquels se rajoutent 27% de forêts. Elle se retrouve ainsi au coeur de nombreux enjeux environnementaux concernant les questions d’énergie, de lutte contre le changement climatique, de gestion des déchets organiques, de préservation de la qualité des sols…

Dans ce contexte et depuis de nombreuses années, l’ADEME accompagne les exploitants et les organismes agricoles pour améliorer la performance énergétique et la performance environnementale des exploitations autour de cinq thèmes majeurs : réduction de la consommation énergétique, développement des énergies renouvelables, développement des filières de valorisation non alimentaire de la biomasse (bois, paille, cultures énergétiques, bioproduits…), gestion biologique des déchets organiques et des effluents d’élevages et management environnemental…

Les actions de l’ADEME dans le secteur agricole tiennent compte de ses spécificités : dispersion géographique des exploitations, intégration de l’activité agricole dans le développement des territoires et celui des filières de production, interaction de la production agricole avec d’autres secteurs comme l’industrie agroalimentaire ou la distribution. L’ADEME apporte tout particulièrement son expertise pour des analyses environnementales globales, multicritères (consommation d’énergie, impact sur l’air, l’eau, les sols) ainsi que sa connaissance des stratégies environnementales des autres secteurs.

Des actions qui répondent aux orientations du Grenelle de l’environnement

Pour développer ses actions au sein du monde agricole, l’ADEME a noué de nombreux partenariats avec les organismes tels les Chambres d’agriculture, le réseau des Coopératives d’utilisation de matériel agricole (CUMA), les instituts techniques, les organismes de recherches, les coopératives agricoles… Ainsi, l’ADEME contractualise plus de 100 conventions par an avec le secteur agricole. Ces relais de terrain permettent de : – développer des programmes d’actions en région, – organiser la formation de conseillers au sein des structures agricoles, – animer des journées d’échanges, – réaliser des études et des programmes de recherche (efficacité des serres et bâtiments d’élevage, mise au point d’outils de diagnostic…), – soutenir des opérations pilotes ou exemplaires (réglage des tracteurs, méthanisation, séchage solaire, management environnemental des exploitations…).

L’amélioration de l’efficacité énergétique des exploitations agricoles

Le secteur de l’agriculture consomme 2 % de l’énergie nationale. Cette consommation d’énergie est plus que doublée lorsqu’on comptabilise l’énergie utilisée pour la fabrication des intrants, en particulier les engrais. Ainsi, ce secteur est très sensible aux fluctuations du coût de l’énergie. Le potentiel d’économie d’énergie du secteur est évalué à 10 % de l’énergie directe (hors intrants) consommée, sans remettre en cause la capacité de production agricole.

– L’ADEME soutient l’élaboration d’outils de diagnostics énergétiques et de bilans d’émission de gaz à effet de serre des exploitations, comme “PLANETE” ou les diagnostics développés par les instituts techniques. Ces outils servent de support de réflexion dans de nombreux groupes d’agriculteurs.

-Les postes des exploitations agricoles les plus consommateurs d’énergie sont les serres, les bâtiments d’élevage et les séchoirs. Deux études engagées par l’ADEME sur les consommations d’énergie des serres et des bâtiments d’élevage viennent d’être achevées. Elles permettent d’orienter les actions à mener pour améliorer l’efficacité énergétique des exploitations.

– Les engins agricoles consomment 50 % des énergies fossiles utilisées en agriculture. Les diagnostics sur tracteurs permettent après réglage une économie de 1 à 1,5 litre de fioul par heure. L’ADEME accompagne les diagnostics des tracteurs avec banc d’essai moteur, soit par des aides à l’acquisition de bancs de contrôle, soit par des aides à la structuration de l’opération. Au-delà de l’économie de carburant, ces actions sont l’occasion de sensibiliser les agriculteurs aux économies d’énergies.

– Les perspectives de développement des énergies renouvelables en agriculture sont importantes. La construction de bâtiments agricoles est d’environ 10 à 15 millions de m²/an (35 % des surfaces construites hors résidentiel). A titre d’exemple, sur un bâtiment agricole orientée au sud de 1000 à 1200 m² (surface moyenne), on peut installer 500 m² de panneaux photovoltaïques pour une production de 50 000 kWh/an.

L’ADEME conseille les agriculteurs sur les équipements fonctionnant avec des énergies renouvelables. Ces dernières années, l’agence a notamment soutenue l’installation de chauffe-eau solaires (laiteries…) et de séchages solaires (fourrage).

La favorisation des modes de gestion biologique des déchets organiques et des effluents d’élevages

Les déchets organiques et les effluents d’élevage représentent un gisement d’éléments fertilisants (azote, phosphate…) valorisables en agriculture. Collectés sélectivement, ces déchets peuvent être valorisés par compostage ou méthanisation. Les produits obtenus constituent des amendements pour les cultures et contribuent à l’entretien de la qualité des sols. L’ADEME participe à la structuration de ces deux filières en veillant particulièrement au développement de démarches qualité.

– L’ADEME favorise les opérations de co-compostage garantissant la qualité de la filière Le co-compostage à la ferme des effluents d’élevage en mélange avec des déchets ménagers présente l’intérêt de proposer une gestion locale des déchets organiques et une diversification des revenus pour l’agriculteur. Cependant cette filière ne peut se développer sans l’existence de marchés, liée notamment à la qualité des produits, à la constance de leurs caractéristiques, l’image du produit…

– L’ADEME accompagne la mise en place d’unités de méthanisation. La méthanisation des effluents d’élevage permet, en plus d’un amendement organique, de produire du biogaz valorisable énergétiquement. Elle peut se développer à la ferme dans des élevages à titre individuel ou collectif. 6 unités sont actuellement en fonctionnement en France et 128 projets de méthanisation agricole sont en cours d’étude.

Le développement des filières de valorisation non alimentaire de la biomasse

L’utilisation de la biomasse en énergie (bois énergie, biocarburants…) et en bioproduits (solvants, lubrifiants, polymères…) constitue une voie importante de substitution des produits d’origine pétroliers. Elle présente l’avantage d’être renouvelable et d’utiliser du CO2 grâce à la photosynthèse. Ainsi, pour un usage équivalent, l’utilisation de la biomasse conduit à des gains énergétiques et à la réduction des émissions de gaz à effet de serre. La biomasse contient les mêmes constituants de base que les hydrocarbures fossiles ; elle a donc vocation à être aussi bien une source d’énergie qu’une source de matières premières pour la chimie. Les valorisations non alimentaires de la biomasse constituent une réelle opportunité économique pour le monde agricole et une source alternative d’approvisionnement pour l’industrie.

L’ADEME accompagne les programmes mis en place par le gouvernement sur le bois énergie, les biocarburants… l’Agence mène des évaluations environnementales des filières émergentes, fait la promotion des bioproduits, aide au développement des bioénergies dans différents secteurs d’activités et accompagne la structuration locale de l’offre.

Le management environnementale au monde agricole

L’agriculture est souvent considérée comme un système complexe avec de multiples interactions. On distingue la dimension de l’entreprise (exploitation agricole), la dimension de filière et la dimension des territoires.

– L’ADEME expérimente avec ses partenaires, des opérations collectives de management environnemental des exploitations agricoles au sein de groupes d’agriculteurs et de filières permettant de placer les exploitations dans une dynamique de progrès. L’ADEME a accompagné trois types de démarches expérimentales de management environnemental : le management porté par des associations d’agriculteurs (ISONIS, Terr’Avenir), le management environnemental au sein des filières agricoles (Agriconfiance volet vert, NF V01007) et le management environnemental porté par des CUMA (PEECUMA).

– L’ADEME adapte la méthode Bilan CarboneTM au monde agricole. Le Bilan CarboneTM permet de comptabiliser les émissions de gaz à effet de serre au niveau des territoires dans lesquels s’inscrivent les exploitations agricoles.

– L’analyse des cycles de vie (ACV) est de plus en plus utilisée pour améliorer les process de production agricole ou dans l’objectif de réaliser l’étiquetage environnemental des produits. L’ADEME participe à l’adaptation des ACV aux problématiques agricoles et à la diffusion des connaissances acquises.

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