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En Mongolie-Intérieure, un projet novateur redéfinit l’utilisation des résidus agricoles pour produire du méthanol vert. Initié par LONGi, géant chinois du solaire et de l’hydrogène, le projet vise à transformer 600 000 tonnes de déchets de ferme en 400 000 tonnes de méthanol par an. Ce processus s’inscrit dans une tendance mondiale de transition vers des énergies renouvelables. Cette initiative marque également une étape cruciale dans la réduction des émissions de CO₂, tout en valorisant des ressources souvent négligées.
Une révolution industrielle en Mongolie-Intérieure
La Mongolie-Intérieure, région souvent associée à des paysages arides, se transforme en théâtre d’une révolution énergétique. Sous l’impulsion de LONGi, une méga-usine voit le jour, dédiée à la production de méthanol vert. Chaque année, l’industrie mondiale du méthanol produit plus de 100 millions de tonnes. Cependant, la majorité provient encore d’énergies fossiles. Avec ce projet, la Chine renforce son statut de leader, représentant déjà plus de 60 % de la production mondiale.
Le méthanol, souvent perçu comme un simple produit chimique, joue un rôle clé dans divers secteurs. Utilisé dans les carburants, les plastiques et les textiles, sa demande ne cesse de croître. Le transport maritime, en particulier, se tourne vers le méthanol vert pour réduire son empreinte carbone. LONGi, en utilisant des résidus agricoles et des énergies renouvelables, propose une solution durable à ce défi mondial.
Les étapes clés du projet LONGi
Le projet de LONGi repose sur une approche innovante. En combinant biomasse et énergies renouvelables, l’usine transforme des résidus agricoles en méthanol. Initialement, 190 000 tonnes de déchets sont converties en syngaz, un gaz riche en carbone. Parallèlement, 100 électrolyseurs à 5 mégawatts produisent de l’hydrogène à partir de l’eau, grâce à l’énergie éolienne et solaire.
Ce gaz est ensuite catalysé pour produire du méthanol. Dans un second temps, la capacité de l’usine s’étendra avec 210 000 tonnes supplémentaires de biomasse. L’installation de 850 mégawatts d’éolien et 200 mégawatts de solaire renforcera cette production. L’objectif : produire annuellement 400 000 tonnes de méthanol vert, tout en évitant l’émission de 1,2 million de tonnes de CO₂, équivalent au retrait de 250 000 voitures thermiques.
Un modèle de développement durable
L’initiative de LONGi ne se limite pas à la Mongolie-Intérieure. En Chine, plusieurs projets similaires émergent. À Xuchang, une usine convertit 600 000 tonnes de paille en méthanol, tout en générant de l’énergie. À Lianyungang, une autre unité est en construction, avec un investissement de 825 millions d’euros.
Ces projets reposent sur un modèle simple mais efficace : valoriser les déchets agricoles en carburant propre, en utilisant les énergies renouvelables. Cette approche représente une réinvention du bon sens, répondant aux exigences de la transition énergétique mondiale. En misant sur le méthanol vert, LONGi renforce sa position de leader dans la production de carburants durables.
Le retour en grâce du méthanol
Longtemps éclipsé par d’autres carburants verts, le méthanol revient en force. Sa stabilité, sa facilité de stockage et son transport aisé en font un candidat idéal pour la transition énergétique. Traditionnellement issu du gaz naturel, LONGi innove en le produisant à partir de végétaux. Cette méthode assure un bilan carbone neutre, puisque le méthanol ne libère que le carbone absorbé par les plantes durant leur croissance.
Dans les ports, les chantiers navals et les entrepôts chimiques, son potentiel est de plus en plus reconnu. Prêt à l’emploi, il répond aux impératifs d’une économie verte. Cette résurgence du méthanol témoigne d’une adaptation aux enjeux climatiques contemporains et d’une volonté de diversifier les sources d’énergie renouvelable.
Alors que le monde cherche des alternatives aux énergies fossiles, la Mongolie-Intérieure offre un exemple inspirant. En transformant des déchets agricoles en méthanol vert, LONGi prouve qu’une transition énergétique durable est possible. Cette initiative soulève une question cruciale : d’autres régions, en Chine ou ailleurs, suivront-elles cet exemple de valorisation des ressources locales pour un avenir plus vert ?
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