Le nouveau coronavirus, plus résistant qu’on ne le croyait sur les surfaces

surfaces toucher virus

SARS-CoV-2 peut survivre jusqu’à 28 heures sur des surfaces lisses. De quoi inquiéter les usagers de smartphones. D’après un sondage SFAM, une grande part de sondés ne nettoient pas leur portable aussi souvent qu’il le faudrait. 

Le SARS-CoV-2 ne nous a pas encore livré tous ses secrets. Selon une étude de l’agence scientifique nationale australienne (CSIRO) le coronavirus peut, dans un milieu frais et sombre, survivre jusqu’à vingt-huit jours sur des surfaces telles que des téléphones et billets de banque.

A 20 °C, le virus est « extrêmement résistant » sur des surfaces lisses, comme le verre des écrans de téléphones portables et les billets de banque en plastique. A 30 °C, le taux de survie tombe à sept jours et à 40 °C, il n’est plus que de 24 heures, affirment les chercheurs.

Des résultats qui pourraient sonner comme un véritable signal d’alarme. En mars dernier, une étude SFAM révélait en effet que plus de la moitié des Français ne nettoient pas leur téléphone portable.

Certes, 45 % des sondés sont conscients que leur téléphone est porteur de bactéries et le nettoient régulièrement. Ils le font avec un mouchoir et du gel hydro-alcoolique (42 %), avec du lave-vitre (21 %), avec des produits très détergents (8 %), avec une éponge et de l’eau (6 %) ou encore avec du liquide vaisselle (4 %).

Mais 37 % des sondés, bien que conscients que leur téléphone est porteur de bactéries, ne le nettoient pas. Enfin, 13 % des Français ne sont jamais posé la question.

« Nous n’avons pas prouvé de cas où des gens tombent malades à cause de leur mobile »

Alors que la deuxième vague de coronavirus est arrivée en Europe, faut-il craindre une contamination massive via les smartphones et autres gadgets du quotidien ?

Pour Antoine Flahault, épidémiologiste et directeur de l’Institut de santé globale à la faculté de médecine de l’université de Genève, la réalité est plus compliquée que cela. Plusieurs études montrent en effet que le virus peut rester plusieurs heures, voire plusieurs jours sur les surfaces planes. « Mais ce n’est pas parce que le virus est détectable qu’il est contaminant pour l’homme. Nous avons de l’expérience : il y a 30 millions de cas et de nombreux clusters, mais pour le moment nous n’avons pas prouvé de cas où des gens tombent malades à cause de leur mobile », explique le spécialiste.

Les chercheurs australiens ne disent pas autre chose. Si une personne peu soigneuse avec les téléphones portables et autres objets similaires « les touchait, puis léchait vos mains ou touchait vos yeux ou votre nez, vous pourriez être infecté plus de deux semaines après leur contamination », expliquent-ils. Mais le principal message qu’ils souhaitent faire passer est que « les personnes contaminées sont beaucoup plus contagieuses que les surfaces ».

Se protéger sans tomber dans la paranoïa

Autrement dit, il faut savoir raison garder. Pour Antoine Flahault, « il faudrait qu’il y ait suffisamment de virus sur l’écran, pas qu’un postillon invisible, mais plutôt un crachat » pour être contaminé.

Ce qui n’empêche pas d’être prudent en nettoyant cet objet qui est devenu tout simplement incontournable. D’après l’enquête SFAM, 45 % des Français passent de deux à six heures par jour sur leur téléphone portable. Et, « parce qu’il nous suit partout et que nous passons notre temps à le manipuler, il est un véritable nid à microbes », ajoute le leader en Europe de l’assurance affinitaire destinée à la téléphonie, au multimédia et aux objets connectés.

Aussi, une désinfection simple mais fréquente n’est pas inutile. A condition qu’elle n’abîme pas le dispositif. « Pour le nettoyage, le plus efficace est probablement l’application d’une lingette désinfectante ou d’un chiffon doux pour préserver l’écran, mis en contact avec une solution antiseptique, voire une solution d’alcool à 70 % maximum, mais pas au-delà », conseille Yannick Simonin, enseignant-chercheur en virologie à la faculté des sciences de l’université de Montpellier.

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