Smartphones reconditionnés : une tendance en hausse selon une étude SFAM

smartphone reconditionnes _ Enviro2b

Selon l’entreprise d’assurances multirisques SFAM, un Français sur deux est prêt à acheter un smartphone reconditionné, sous réserve qu’il dispose d’une solide garantie. Une tendance en hausse, qui procède de motivations économiques tout autant qu’écologiques. 

Les Français deviennent de plus en plus « consom’acteurs ». C’est le principal enseignement d’une étude menée par l’entreprise SFAM, spécialiste de l’assurance pour smartphones, multimédia et objets connectés. En effet, plus d’un Français sur deux serait prêt à acheter un smartphone reconditionné, sous réserve qu’il dispose d’une solide garantie, révèle l’étude.

Certaines régions de France adoptent plus volontiers que d’autres les smartphones de seconde main. Ainsi, selon l’étude SFAM, 71 % des Bretons sont prêts à investir dans un smartphone recyclé. Ils sont suivis des Normands (66%) et des habitants d’Occitanie (65 %). Les habitants des régions PACA et Grand Est sont quant à eux aussi majoritairement tentés par le recyclage, puisque 54 % d’entre eux envisagent d’acheter un smartphone reconditionné.

Reste que dans l’univers de la seconde main, il convient de distinguer téléphone d’occasion et téléphone reconditionné, ainsi que l’explique SFAM. Dans les deux cas, il s’agit d’appareils ayant déjà servi. Mais les smartphones reconditionnés font l’objet de différents tests et réparations, ce qui permet à leur nouveau propriétaire de profiter d’un téléphone « en parfait état de marche incluant pour la plupart un nouveau packaging ainsi qu’un chargeur et une paire d’écouteurs, le tout pour un tarif bien inférieur au prix du neuf ! », résume l’assureur.

Résultat, à l’heure où le prix des smartphones ne cesse de grimper, le marché du reconditionné progresse un peu partout dans le monde. D’après les chiffres du cabinet Counterpoint Research, 140 millions de smartphones de ce type ont été vendus en 2017 à l’échelle mondiale, ce qui représente une progression de 13 % sur un an. La tendance est également à la hausse en France, où le marché du reconditionné a augmenté de 7 % en 2018 alors que celui du neuf a baissé de 6,5 %, d’après les chiffres de l’institut GfK.

Acheter un smartphone reconditionné : un geste citoyen

Les raisons d’un tel succès ne sont pas mystérieuses. Les modèles d’occasion seraient en moyenne 30 % à 50 % moins coûteux que les neufs. Et ils sont vendus avec des garanties de 6 mois à 1 an en fonction des revendeurs. 

Mais le prix n’est pas la seule motivation de ceux qui privilégient les téléphones recyclés. Comme le suggère l’étude menée par SFAM, de nombreux consommateurs voient leur achat comme un geste citoyen. Ainsi, selon une étude Kantar TNS, 34 % des personnes interrogées privilégient les téléphones reconditionnés afin de « favoriser le recyclage et le réemploi ».

De fait, alors que les déchets électroniques représenteraient plus d’un million de tonnes en France et près de 44,7 millions dans le monde chaque année, l’achat d’un smartphone reconditionné « favorise l’économie circulaire et un mode de consommation plus responsable ». Un discours qui emporte l’adhésion des Français, 48 % d’entre eux déclarant recycler leurs mobiles usagés.

Dans ce contexte, les acteurs du reconditionné se portent comme un charme. Recommerce, leader européen du reconditionnement de mobile, qui rachète aux opérateurs des flottes de téléphones afin de les reconditionner et les revendre en ligne, revendiquait en 2018 un chiffre d’affaires de 50,7 millions d’euros. « Notre ambition est d’aider les commerçants à devenir des recommerçants », expliquait dans les colonnes du Monde Benoît Varin, cofondateur de l’entreprise.

Fièvre eco-friendly

Quant à l’entreprise Smaaart, c’est au marché du smartphone reconditionné qu’elle doit sa renaissance. Après avoir frôlé la faillite au début des années 2010, la société s’est lancée sur ce nouveau marché en 2017. Un an plus tard, elle réalisait un chiffre d’affaires de 9 millions d’euros, soit une progression de 50 % sur un an. « Et la croissance se poursuit. Cette année, nous allons vendre 50 000 à 60 000 smartphones reconditionnés », s’enthousiasmait Jean-Christophe Estoudre, président de la société. Le dirigeant, qui table sur un chiffre d’affaires de 12 millions d’euros en 2019, se félicite d’avoir contribué à la création de 65 emplois associés tout en faisant des téléphones « écoresponsables » grâce à son engagement en faveur « de l’économie circulaire en circuit court franco-français ».

Le succès du reconditionné ne semble pas près de s’arrêter. Certes, les Français sont encore nombreux à conserver leurs vieux téléphones à la maison, alors que le marché a besoin d’être irrigué. Mais l’évolution des comportements autorise, là aussi, un certain optimisme. D’après l’étude SFAM, 48 % des Français recyclent leurs téléphones portables. Ils sont même 54 % à le faire en région PACA, 53 % dans le Nord-Pas-de-Calais, 52 % en Auvergne-Rhône-Alpes et 51 % en Occitanie. Il est vrai que les Bretons disposent encore d’une marge de progression considérable (ils sont 62 % à conserver leurs anciens téléphones portables à la maison ou même à les jeter), mais la fièvre eco-friendly ne devrait pas les épargner longtemps.

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