Le Sénégal se met au vert pour défendre l’environnement

Le gouvernement du Sénégal s’implique dans de nombreuses initiatives écologiques, tant au niveau local qu’à l’international. Un engagement reconnu par ses pairs et conforté par des initiatives citoyennes.

 

 

Une Grande muraille verte pour défendre l’environnement

 

Il y a peu, les caméras de la BBC se sont focalisées sur Haïdar El Ali. Ce sénégalais de 66 ans est l’un des écologistes les plus influents de la planète : surnommé « l’homme aux 152 millions d’arbres », l’ancien ministre de l’Environnement s’engage depuis 10 ans pour la reforestation de la mangrove casamançaise avec son association Oceanium et le soutien des populations locales. Haïdar El Ali est un atout écologique indéniable, et les autorités sénégalaises l’ont bien compris : le 24 juillet dernier, l’ancien plongeur professionnel a été nommé directeur général de l’Agence sénégalaise de la reforestation et de la Grande muraille verte (ASRGM). Il est ainsi en charge de la partie sénégalaise de la Grande muraille verte (GMV), qui s’étend sur 535 km.

 

Projet panafricain qui a vu le jour en 2007 suite à l’initiative de 11 pays fondateurs, la Grande Muraille Verte d’Afrique vise à lutter contre la désertification dans le désert du Sahara et au Sahel. D’une largeur de 15km, elle s’étend sur 7600km entre Djibouti et le Sénégal. A l’origine conçue comme une plantation massive d’arbres, la GMV a évolué vers un ensemble de projets ayant pour objectif le bien-être environnemental et humain d’une région soumise à une croissance démographique sans précédent et aux conséquences négatives du changement climatique. Une situation qui, si rien n’est fait, ne peut aller qu’en s’aggravant et qui la rend fortement vulnérable (érosion des sols, désertification, effondrement de la biodiversité, malnutrition…). Il s’agit donc de mettre en œuvre des actions adaptées aux nombreux et variés socio-écosystèmes de la zone, avec des solutions telles que la clôture de parcelles pour permettre la régénération naturelle des arbres et la protection contre le surpâturage, l’installation de jardins communautaires gérés par les femmes, des réserves animalières, ou encore le développement de l’apiculture.

 

 

Une volonté au plus haut niveau

 

Mais les autorités sénégalaises ne se satisfassent pas de projets ponctuels et ciblés, et en appellent à une véritable révolution écologique. Pour le président Macky Sall, l’objectif est clairement établi : « bâtir un Sénégal Vert ». Pour ce faire, le pays de 16 millions d’habitants doit réaliser de nombreuses transformations, notamment en matière agricole : l’agriculture traditionnelle participe activement à la dégradation des sols et de la biodiversité est à l’origine de 37% des émissions de gaz à effet de serre du pays. C’est la raison pour laquelle le gouvernement sénégalais a, dès novembre 2015, pris l’initiative d’un symposium sur l’agriculture qui réunit à Dakar de nombreux pays voisins. Cette prise de leadership permit au Sénégal d’être désigné pays pilote dans la mise en place d’un projet de “mise à l’échelle supérieure de l’agroécologie” par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). L’implication du Sénégal fut également reconnue par l’Agence Régionale pour l’Agriculture et l’Alimentation de la CEDEAO, qui l’a sélectionné pour participer au Programme d’appui à la transition agroécologique d’Afrique de l’Ouest.

 

Cet activisme écologique s’incarne également dans des projets visant à améliorer à court terme le cadre de vie de tous les Sénégalais. Lors de la prestation de serment le 2 avril dernier suivant sa réélection, Macky Sall a prononcé ces mots forts : « J’appelle à la mobilisation générale pour forger l’image d’un Sénégal plus propre dans ses quartiers, plus propre dans ses villages, plus propre dans ses villes. En un mot, un Sénégal ‘zéro déchet’ ». Une ambition qui est loin d’être anecdotique selon le ministre de l’Environnement et du Développement durable Abdoulaye Baldé.

Cette volonté venue d’en haut relaye par ailleurs une revendication de la population sénégalaise. Les initiatives citoyennes concernant le ramassage des déchets fleurissent depuis l’apparition du mouvement « Save Dakar » il y a 2 ans sur Facebook et Twitter. En mars dernier, le #CleanUpChallenge – petit frère hashtag mondial #trashtag – a connu un grand succès dans tout le pays. Le challenge est simple : se prendre en photo devant un espace jonché de déchets et renouveler l’expérience une fois l’endroit complètement nettoyé. Cette initiative encourageante a particulièrement mobilisé les jeunes et prouve que la prise de conscience écologique n’est pas un « problème de riches ».

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