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L'Europe veut favoriser l'innovation propre et écologique
La Commission européenne a publié hier un rapport sur les tendances et les évolutions de l'éco-innovation en Europe. Tout en confirmant la forte croissance enregistrée par les éco-industries, le rapport insiste sur la nécessité d'un recours massif à l'innovation propre et écologique.
La Commission annonce que les entreprises européennes occupent la 1ère place mondiale sur plusieurs marchés environnementaux. Selon les autorités européennes, la législation actuelle en la matière est un moteur de promotion de l'innovation sur ces marchés. Sur la base du plan d'action en faveur des écotechnologies (PAET) de l'UE, le rapport propose de concentrer les mesures sur un certain nombre de priorités et d'actions, qui auront pour effet d'augmenter la demande en matière de technologies environnementales et d'éco-innovation.
Membre de la Commission chargé de l'environnement, Stavros Dimas affirme que "L'éco-innovation est un élément central dans la lutte contre le changement climatique. Elle nous permettra de progresser de façon significative vers la réalisation de nos objectifs visant à réduire la consommation d'énergie de 20 % et à accroître l'utilisation des énergies renouvelables de 20 % d'ici 2020. Il nous reste moins de 13 ans pour y parvenir. Il est donc essentiel que l'éco-innovation soit pleinement exploitée sans plus tarder, car il ne nous sera possible de modifier fondamentalement nos modes de production et de consommation que par son intermédiaire".
Janez Potočnik, membre de la Commission chargé de la science et de la recherche, ajoute que "C'est principalement grâce à la technologie que nous pourrons relever les défis environnementaux et énergétiques qui se présentent à nous. La technologie joue en effet un rôle crucial dans l'amélioration de notre efficacité énergétique, un domaine dans lequel nous pouvons et devons agir dès à présent".
L'éco-innovation, partie intégrante de la solution
Les éco-industries de l'Union européenne ont connu, au cours des dernières années, une progression qui leur a permis de devenir une composante à la fois solide et importante de l'économie européenne. Elles représentent aujourd'hui 2,1 % du produit intérieur brut de l'UE et emploient quelque 3,5 millions de personnes. Près des trois quarts de ces emplois sont concentrés dans les secteurs de la gestion des eaux et des déchets et le quart restant dans divers domaines tels que le contrôle de la pollution de l'air, la décontamination des sols, les énergies renouvelables et le recyclage. Sur le plan international, le secteur européen se porte bien et compte pour environ un tiers du marché mondial des éco-industries.
L'Union européenne, du fait de sa position privilégiée, doit montrer la voie et utiliser les capacités d'innovation aux fins de la résolution des questions environnementales actuelles. Les entreprises européennes sont en effet considérées comme présentant les meilleurs critères de durabilité dans 13 des 18 secteurs économiques principaux. Cela reste cependant insuffisant. L'éco-innovation doit pénétrer tous les secteurs pour nous permettre de surmonter les défis qui se présentent.
Vers un avenir durable
Afin d'orienter le secteur industriel vers un avenir durable, il sera nécessaire de faire appel à des forces motrices particulièrement puissantes. Les efforts individuels des entreprises ne suffiront pas et il est indispensable que l'Union européenne et ses États membres s'engagent dans une action commune.
Lancé par la Commission en 2004, le plan d'action en faveur des écotechnologies (PAET) de l'Union européenne doit permettre de canaliser les efforts de l'UE et des États membres vers des buts communs et agir comme catalyseur du changement. Le PAET a pour finalité d'encourager l'éco-innovation et l'adoption à grande échelle de technologies respectueuses de l'environnement. Le plan vise essentiellement à accroître la demande en matière de technologies environnementales et à créer un terrain fertile pour l'éco-innovation.
D'ici 2013, le PAET aura permis de consacrer plus de 12 milliards d'euros à des projets liés à l'éco-innovation. Ces projets portent principalement sur le développement de processus industriels et de pratiques commerciales sur la base d'une approche centrée sur le cycle de vie. Ils s'intéressent également à l'élaboration de produits plus respectueux de l'environnement. À titre d'exemple, on citera le secteur de l'énergie éolienne, dont la réussite est en grande partie due aux projets de recherche et de développement financés par l'Union européenne.
La stratégie du rendement immédiat
Le succès de l'énergie éolienne doit être reproduit dans d'autres secteurs. Il arrive encore trop souvent que des technologies environnementales restent confinées dans certains segments de marché. En raison des avantages conséquents pour l'environnement que peut représenter l'utilisation accrue des écotechnologies déjà existantes ou tout juste apparues sur le marché, il convient de favoriser leur acceptation.
Des mesures telles que celles relatives aux marchés publics écologiques et à la normalisation peuvent stimuler la demande de technologies environnementales. À court terme, ces politiques devront se concentrer sur les secteurs ayant des incidences importantes sur l'environnement et pouvant procurer rapidement et facilement des avantages environnementaux substantiels. Ces secteurs comprennent la construction, les produits alimentaires et les boissons, les transports privés et le recyclage.
Les feuilles de route
Les feuilles de route en matière d'éco-innovation établies par les États membres indiquent les actions adoptées par chacun des pays. Elles constituent des outils particulièrement utiles, car, une fois compilées, elles donnent une vue d'ensemble de l'évolution, de la promotion et de l'acceptation des technologies environnementales dans l'Union européenne. Elles servent également de base aux fins du partage et du classement des pratiques prometteuses, susceptibles d'avoir un effet multiplicateur substantiel dans l'ensemble de l'UE.
Le rapport sur le PAET indique en conclusion un certain nombre d'actions prioritaires que devraient entreprendre l'Union européenne et les États membres, comme promouvoir les marchés publics écologiques, se concentrer sur les secteurs les plus rentables, fixer des objectifs de performance, et créer un réservoir de connaissances stratégiques dans le domaine de l'éco-innovation.
Tags : europe, environnement, innovation
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