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"Il s'agit de reproduire ce que fait le vent naturellement, mais à haute altitude"
Michel Marty, directeur général de Delamet Environnement, société de 35 salariés basée à Saint Aigulin en Charente-Maritime. Delamet développe un procédé innovant de captation des odeurs, l'Eolage.
Quel est l'origine du procédé Eolage ?
Le procédé est né en 2001. Il s'agissait de trouver l'application capable de gérer les odeurs relatives aux casiers de déchargement des camions poubelles, sur le site de l'usine de Clérac en Charente-Maritime. Les installations de masquage d'odeur du site avaient été détruites par la tempête de 1999.
On a donc développé une application baptisée Eolage et, on s'est donné un an pour analyser le retour. La société Delamet Environnement a ensuite breveté et commercialisé le produit Eolage.
Sur quoi repose cette technologie ?
Ces sont des turbo machines, appelées pulseurs, qui permettent d'aspirer les odeurs à la base de la machine et de les propulser ensuite à haute altitude, entre 100 et 200 mètres. En dispersant les odeurs, lorsque les molécules retombent, on est en dessous du seuil de perception. Il s'agit simplement de reproduire ce que fait le vent naturellement mais à haute altitude, avec des volumes d'échanges plus importants et à des vitesses plus élevées.
On peut assimiler ce principe à une cheminée fictive, on emmène les odeurs le plus haut possible en les brassant, en les diluant, en créant une aspiration, une dépression là où elles se trouvent, ce qui évite des concentrations importantes.
Où place-t-on ce dispositif ?
Nous nous plaçons sur des sources diverses, on peut ainsi se positionner sur un bâtiment, ou derrière des systèmes de traitement déjà existants.
Les traitements classiques, biologiques, de laveurs, de filtres… permettent de respecter les réglementations. Mais, malgré tout, l'industriel peut être confronté à un problème d'odeur. Nous intervenons en complément d'un système déjà existant, mais nous pouvons également proposer des systèmes globaux, des systèmes de traitement complets.
En ce qui concerne nos secteurs d'activité, ils sont divers : déchets, compostage de boues, centre de tri, mais également toute la filière agroalimentaire comme l' équarrissage, fabrication de croquettes pour chiens, levureries, l'activité chimique et dans le BTP, stations d'enrobés, traitement d'hydrocarbures.
Et en cas d'intempéries ?
Le principe même du système est fonction des conditions météorologiques.
Nos machines ont des débits très importants, 120 000 m3/heure et 300 000 m3/heure. Il y a donc déjà une dilution dans la machine. Dans la plupart des cas, à la sortie de l'hélice, les odeurs ont déjà été diluées 10 fois.
Les conditions météo les plus défavorables pourraient être les journées de grand vent. Cependant, dans ce cas, le panache se couche mais la dilution est plus forte : la courbe d'efficacité reste donc identique quelques soient les conditions de vent. En cas de brouillard ou de plafond, c'est à dire qu'il existe une couche d'inversion thermique, l'énergie développée par les machines permet également de passer le plafond.
Au niveau du bruit des machines ?
Les pulseurs, font évidemment un peu de bruit mais nous restons dans le respect des réglementations, des arrêtés préfectoraux, destinés aux industriels.
Il existe des systèmes d'insonorisation placés directement sur la machine. Ensuite on peut installer également des murs ou d'autres dispositifs pour barrer le bruit.
Quel accueil recevez-vous des industriels que vous rencontrez ?
On intervient sur les sites qui ont déjà des problèmes avec les riverains, ou lorsque les industriels en ressentent le besoin pour une question d'image. L'accueil est donc plutôt bon puisque ce sont eux qui nous sollicitent.
Notre technologie étant techniquement et économiquement plutôt intéressante pour certains sites, notre visite est appréciée.
Actuellement, cela fait 5 ans que le produit est développé, et nous avons réalisé une vingtaine d'applications en France et quelques unes à l'étranger, notamment en Belgique.
Afin de satisfaire encore plus notre clientèle et leur offrir un projet plus global, nous souhaitons développer la gamme en y rajoutant des traitements complémentaires, afin de pouvoir s'attaquer aux rejets.
Existe-t-il des aides pour l'installation de l'Eolage ?
L'ADEME subventionne des études et les installations sur ce type de traitement des odeurs. Elle nous a aidé à développer le produit.
> Pour en savoir + : www.delamet.com
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